23.9 C
Rennes
lundi 6 juillet 2026
AccueilActualitésMeurtre des étangs d’Apigné : un deuxième jour d’audience glaçant

Meurtre des étangs d’Apigné : un deuxième jour d’audience glaçant

Le procès d’Ahmet et de Mehmet Taskin, jugés devant la Cour d’assises d’Ille-et-Vilaine pour l’assassinat de Muhyettin Aydin retrouvé lesté d’un parpaing aux étangs d’Apigné, s’est poursuivi ce lundi 6 juillet. Au fil des témoignages, les jurés ont tenté de mieux comprendre les ressorts d’un meurtre que l’accusation présente comme un possible « crime d’honneur ».

Ce matin, les débats se sont rapidement concentrés sur les soupçons d’adultère qui auraient empoisonné les relations familiales. Mehmet Taskin aurait difficilement supporté les nombreux appels téléphoniques échangés entre son épouse H. et son cousin, Muhyettin Aydin, la victime. Pour l’accusation, cette jalousie pourrait même constituer le mobile du crime. Même si, à ce stade, aucun élément de l’enquête ne permet d’établir l’existence d’une relation adultère entre H. et Muhyettin Aydin.

Au fil de la journée, les jurés ont découvert un système de valeurs où la fidélité conjugale et l’honneur ont occupé une place centrale. « Moi-même, si je voyais mon épouse dans les bras d’un autre homme, je le tuerais », a lancé un proche de la famille à la barre. Un autre témoin n’a pas dit autre chose. Interrogé sur les faits, il a répondu sans détour devant l’assistance médusée. « À sa place, j’aurais fait la même chose. » Il est même allé plus loin en affirmant que, si les soupçons d’infidélité avaient été fondés, l’épouse de Mehmet « aurait également dû être tuée », regrettant au passage que « malheureusement » cela ne soit pas arrivé.

Chez les Turcs, quand il y a une affaire de meurtre, ça devient une vendetta. » une ex-femme d’Ahmet.

Après une longue suspension d’audience, un silence inhabituel s’est soudain installé dans la salle. À la demande du président de la Cour, un policier et la greffière sont revenus avec un bloc de béton d’une vingtaine de kilos, celui qui a servi à lester le corps de Muhyettin Aydin. Déposé devant la cour, il a été présenté à un entrepreneur du bâtiment ayant employé Ahmet et Ismaïl Taskin. « C’est possible qu’ils aient eu accès à ce type de matériaux », répond simplement l’artisan.

Puis, est venu le tour du responsable du kebab où travaillait Ahmet Taskin au moment des faits. L’homme s’est souvenu d’un détail qui l’avait intrigué au lendemain du meurtre. « Ahmet était blessé à la main. Selon lui, c’était une mauvaise manipulation en cuisine. Cette explication m’a paru chelou! » En fin de journée, l’émotion a gagné la salle avec le témoignage en visioconférence de H., l’épouse de Mehmet Taskin. La jeune femme de 34 ans a expliqué ne pas avoir eu la force de venir affronter son ancien entourage. « J’ai toujours très peur aujourd’hui. J’ai peur au point de ne pas me sentir capable de venir au procès. »

Sans détour, la jeune femme a rapporté des propos de sa belle-mère. « Elle m’avait révélé le mobile du meurtre : elle me soupçonnait d’entretenir une relation avec Muhyettin Aydin. » Devant la cour, H. a décrit aussi les violences conjugales qu’elle affirme avoir subies. « Mehmet était violent envers moi, bien sûr. Notamment si je lui répondais ou si je le contredisais devant quelqu’un d’autre. Il me donnait des gifles. Parfois, il me serrait la bouche, la mâchoire ou la gorge. »

Au passage, la jeune femme  a évoqué le sort de ses trois enfants, aujourd’hui âgés de sept à quatorze ans, qui vivraient toujours en Turquie auprès de leur famille paternelle. Emue, elle a conclut par ses mots. « Ils ont gâché ma vie. Je n’ai plus aucune nouvelle de mes enfants. » Pour mémoire, Mehmet Taskin est toujours en fuite. Il a quitté la France pour la Turquie le 6 septembre 2021 avec son épouse et leurs trois enfants. Ahmet Taskin été finalement interpellé en Allemagne à la fin du mois de décembre 2021. Les débats se poursuivent devant la Cour d’assises d’Ille-et-Vilaine, qui devra déterminer les responsabilités respectives des deux frères dans cet assassinat.

// Dernières nouvelles publiées

La cousine du Bienheureux Marcel Callo, sœur Geneviève de la Trinité, s’est éteinte à 104 ans

Figure discrète de la vie religieuse rennaise, Sœur Geneviève de la Trinité, née Simone Cohignac, est décédée le 16 juin 2026 à l'âge de...
- Advertisement -
- Advertisement -

// Ces articles peuvent vous intéresser