Quelques jours seulement après la violente altercation survenue lors de la fête de l’école, qui a profondément marqué les équipes éducatives (voir notre article), le groupe scolaire Colombier s’est retrouvé au cœur des débats du conseil municipal, ce lundi soir. Les élus ont validé un vaste programme de rénovation de plus de 6 millions d’euros destiné à transformer cet établissement construit en 1976. Ce projet unanimement jugé nécessaire a ravivé les critiques de l’opposition sur les décennies d’attente.
Difficile, ces derniers jours, d’évoquer le groupe scolaire Colombier sans penser aux événements qui ont bouleversé la fin de l’année scolaire. Le 19 juin, la fête de l’école avait viré au cauchemar lorsqu’une altercation entre plusieurs familles avait dégénéré en bagarre. Cinq membres du personnel, enseignants et ATSEM, avaient été blessés en tentant de s’interposer, dont trois placés en arrêt de travail. Les jours suivants, une présence policière avait même été mise en place aux abords de l’établissement tandis que les équipes éducatives tentaient de retrouver un peu de sérénité.
C’est dans ce contexte particulier que le groupe scolaire est revenu, lundi soir, au cœur de l’actualité, cette fois dans l’hémicycle du conseil municipal. Les élus étaient appelés à se prononcer sur l’avant-projet définitif de la restructuration et de l’extension de cette école du centre-ville. Construits en 1976, les bâtiments n’avaient jamais fait l’objet d’une rénovation d’ensemble. Le chantier, désormais estimé à 6,67 millions d’euros TTC, doit débuter au deuxième trimestre 2027 pour s’achever à la fin de l’année 2029. À terme, les élèves découvriront un établissement agrandi, modernisé, mieux isolé et largement adapté aux défis climatiques.
Colombier accueille aujourd’hui 270 élèves, dont 95 en maternelle et 165 en élémentaire,
Dans un établissement dont les capacités et les performances ne correspondent plus aux besoins actuels, deux nouvelles classes seront créées. Mais pas seulement, plus de 300 m² de surfaces supplémentaires verront le jour, le restaurant scolaire sera agrandi, les espaces périscolaires repensés et les circulations entièrement réorganisées afin d’améliorer le quotidien des enfants comme des personnels. Par-delà ce chantier, l’ambition est environnementale. Elle prévoit de l’isolation thermique par l’extérieur, de la ventilation double flux, des protections solaires, de la ventilation nocturne, des matériaux issus du réemploi et biosourcés, panneaux photovoltaïques capables de produire près de 31 MWh par an et végétalisation de la cour. «Adapter notre patrimoine public au changement climatique n’est plus une option. Elle est une ncessité. Au Colombier, notre chantier doit permettre de réduire d’environ 50 % les consommations énergétiques», a rappelé la majorité par l’entremise de Patrice Depeige.
Face à cette présentation, personne n’a contesté la nécessité de rénover l’école. Les critiques ont porté sur le calendrier. Pour Antoine Cressard (Vivre Rennes), cette décision intervient beaucoup trop tard. «Il aura donc fallu attendre un demi-siècle pour que cet équipement connaisse enfin une réhabilitation sérieuse et totale», a lancé le conseiller municipal. Pour appuyer son propos, il a mis en avant «un bâti vieillissant, la présence d’amiante, une isolation thermique inexistante, une absence d’isolation phonique alors même que l’école est située à proximité immédiate de la voie ferrée ».
L’élu est allé plus loin en accusant la municipalité de réparer aujourd’hui ce qu’elle aurait dû traiter depuis longtemps. «Vous ne faites que réparer un oubli déplorable majeur », a-t-il affirmé. Tout en reconnaissant que le projet permettra «une véritable renaissance» du groupe scolaire, il a conclu fermement. « Alors soyez modestes. Attendre cinquante années pour cette rénovation, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser. » En réponse, la majorité par la voix de Gaëlle Rougier, adjointe aux affaires scolaires, a défendu un projet qu’elle juge à la fois éducatif, social et environnemental. «On n’a pas attendu le dernier moment. Simplement, on mène tambour battant énormément de travaux de rénovation. Cette école a besoin de cette rénovation à la fois parce que le bâti en a besoin, mais à la fois effectivement parce qu’il faut retravailler l’image de cette école et la rendre attrayante.»
Un détail n’est toutefois pas passé inaperçu. Alors que les violences survenues lors de la fête de l’école avaient profondément marqué la communauté éducative quelques jours plus tôt, aucun élu, ni de la majorité ni de l’opposition (pourtant encline à dénoncer l’insécurité), n’y a fait la moindre allusion au cours des débats. Comme si le conseil municipal avait choisi de concentrer ses échanges exclusivement sur l’avenir du bâtiment, laissant de côté l’un des épisodes les plus marquants de la fin de l’année scolaire.


