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lundi 29 juin 2026
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Meurtre de Marie : « J’ai entendu ma mère appeler à l’aide »

En ce 29 juin, Marco Katalay-Kalalla comparaît devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine pour le meurtre de son ex-conjointe, Marie Thakizimana. Grand, massif, ancien judoka ceinture noire, l’homme de 52 ans apparaît dans le box, encadré de trois policiers. D’un regard furtif, il balaie la salle d’audience où se pressent les proches de la victime, ses filles, des anonymes et de nombreux soutiens. Certaines tentent d’entrer avec un tee-shirt à l’effigie de Marie Thakizimana. Mais la greffière leur demande de les retirer.

Assis derrière une vitre blindée, le prévenu écoute imperturbable le président de l’audience dérouler les faits. Il entend ce qu’il a commis d’irréprable dans la nuit du 11 au 12 avril. Il se remémore sans doute ce matin où, au poste de police de Villejean, il a simplement déclaré sans sourciller à l’agente de faction. «J’ai étranglé ma femme entre deux et trois heures du matin.» 

Pas un frémissement non plus quand le président poursuit la lecture des faits. Ce matin-là, au 24, rue du Bourbonnais, les policiers découvrent à la lumière de leur torche le corps sans vie de Marie Thakizimana, dévêtue, recouverte d’un drap. Dans une autre pièce, ils réveillent les deux filles du couple, âgées de 6 et 8 ans, devant une télévision restée allumée. Dans l’obscurité, l’aînée prononcera une phrase qui hantera toute l’instruction. « J’ai entendu ma mère appeler à l’aide, mais je n’ai pas bougé. J’avais peur de mon père. »

Dans l’appartement, les enquêteurs relèvent des canettes de bière, un cadre photo renversé, des traces rougeâtres sur plusieurs meubles. Sous un lit, ils dénichent également des sommes importantes d’argent, des devises britanniques. À l’extérieur du domicile, ils interrogent les voisins. L’une évoque des éclats de voix. Une autre raconte avoir appelé la police après avoir entendu une femme crier. «Une femme a appellé au secours,» dit-elle au téléphone. Mais le renfort policier, rendu sur les lieux, avait rebroussé chemin, faute de localiser précisément l’appartement et de percevoir encore du bruit.

Après son interpellation, Marco Katalay-Kalalla en dit bien plus. « Je me suis battu et j’ai étranglé ma femme », répète-t-il. En revanche, il refuse d’admettre avoir utilisé un tee-shirt pour l’étouffer, contrairement aux déclarations de l’une de ses filles. « Je l’ai étranglée de mes mains », affirme-t-il devant le juge d’instruction. À l’audience encore, il persiste et signe. « Je conteste formellement. » Confronté aux déclarations de ses enfants, le prévenu finit toutefois par reconnaître avoir commis l’innomable dans la chambre des fillettes, sous leurs yeux.

Je  voulais l’affaiblir », a-t-il maintes fois répété devant les enquêteurs.

Son aînée n’avait pas dit mieux. « De mon lit superposé, j’ai vu mon père donner un violent coup, saisir le cou de ma mère et lui parler dans une langue étrangère.» Sa cadette évoque, elle, l’utilisation d’une écharpe. Seule certitude: le passé violent de Marco Katalay-Kalalla. Pendant de nombreuses années, Marie Thakizimana subit l’enfer. En 2015, elle dépose une première main courante après une gifle. D’autres signalements et procédures suivent jusqu’à la condamnation de décembre 2019 du judoka, assortie d’une interdiction d’entrer en contact avec son ex-conjointe.

Pendant les prochains trois jours, la cour tentera de comprendre ce qui a conduit le prévenu à commettre ce féminicide. Devant le juge d’instruction, Marco Katalay-Kalalla a déjà livré des explications qualifiées de «confuses» et de «décousues». Il a évoqué sa jalousie, décrit Marie Thakizimana comme «manipulatrice». Il a affirmé se sentir «abandonné dans un pays commandé par les femmes », avant de demander pardon « à toutes les femmes du monde.» Mais à l’issue de cette première journée d’audience, une question demeure toutefois. Comment cet homme, déjà condamné pour des violences sur celle qu’il disait aimer, en est-il arrivé à lui ôter la vie ? Et pour quelles raisons ? C’est à cette double  interrogation que la cour d’assises devra répondre dans les prochains jours en écoutant proches et experts, ce mardi. 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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