C’est un arrêté municipal qui fait déjà beaucoup parler dans le milieu culturel rennais. Depuis le 4 mai 2026, la ville de Rennes a durci les règles encadrant les prestations des artistes de rue. Désormais, les musiciens ne peuvent pas rester plus d’une heure sur un même emplacement. Ils ne peuvent pas non plus y revenir au cours d’une seule journée.
Cette nouvelle réglementation suscite de fortes critiques chez certains artistes, à commencer par le chanteur Rodrigue Pailhes. Accompagné par l’association La Nature en Ville, dont il est adhérent, le Rennais a déposé un recours gracieux contre l’arrêté , ce mardi 2 juin, auprès de la mairie de Rennes pour obtenir son retrait, sans passer par une procédure judiciaire.
« Je n’ai eu part d’aucune des plaintes de riverains invoquées par la Mairie », Rodrigue.
“Cette mesure est infondée, illogique, imprécise et autoritaire”, conviennent les porteurs de ce recours. “Elle a été prise sans aucune concertation au préalable”, précise Rodrigue Pailhes. Pour Pascal Branchu, “il est incohérent de restreindre le travail des chanteurs de rue, tout en soutenant des évènements comme l’Open air du 6 juin, au parc Saint Cyr, à proximité de deux EHPAD.” Mais pour Rodrigue Pailhes, il s’agit surtout d’un “durcissement de réglementation visant à restreindre la liberté d’expression artistique au prétexte de la protection de quelques intérêts de riverains minoritaires.”
Selon les plaignants, cette mesure serait surtout contraire à une publication du 24 avril dernier de Nathalie Appéré sur Facebook. « C’est à Rennes, terre d’humanisme, de tolérance et d’ouverture, que nous continuerons le combat pour protéger fermement les libertés associatives contre la vague réactionnaire. La liberté de faire, de dire, de créer comme de s’indigner. »
Sollicitée sur ce recours et sur les critiques formulées par les artistes, la ville de Rennes n’avait pas répondu. Au-delà du cas de Rodrigue Pailhes, cette affaire pose une question plus large : quelle place Rennes souhaite-t-elle accorder aux artistes de rue ? Car derrière ce recours gracieux se dessine déjà une confrontation plus large autour de l’identité culturelle d’une ville qui revendique régulièrement son attachement à la création et expression artistique.


