Le Parlement de Bretagne à Rennes va vivre pendant plus de deux semaines au rythme d’un procès hors norme. Du 26 mai au 12 juin 2026, la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine jugera neuf accusés dans l’affaire visant Mahammad Mirzali, blogueur et opposant politique azéri réfugié en France, victime d’une violente attaque armée en 2020 à Nantes et placé depuis sous protection policière permanente. Face aux risques sécuritaires entourant cette affaire à dimension internationale, la justice annonce un dispositif exceptionnel autour du palais de justice rennais.
L’affaire remonte à octobre 2020. Mahammad Mirzali, blogueur critique du régime azerbaïdjanais et réfugié politique en France, avait été grièvement blessé par balles dans une attaque à Nantes. Depuis plusieurs années, il affirme être la cible de menaces en raison de son engagement politique contre le pouvoir de Bakou. Le procès qui s’ouvre à Rennes doit examiner les responsabilités de neuf hommes poursuivis pour « tentative de meurtre en bande organisée » et « association de malfaiteurs criminelle », des faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité pour les accusations les plus graves.
La cour d’appel de Rennes et le parquet général ont pris des mesures de sécurité inédites par la situation particulière de la victime, décrite comme « un blogueur azéri, réfugié politique en France, sous protection policière permanente ». Le dispositif a été conçu sur la base des recommandations du Service de la protection (SDLP) du ministère de l’Intérieur, chargé de sa sécurité rapprochée. Préfecture, police nationale, gendarmerie, administration pénitentiaire et services judiciaires seront mobilisés tout au long du procès.
Concrètement, un périmètre de sécurité quotidien sera instauré autour du Parlement de Bretagne et de la rue Hoche jusqu’à l’intersection de la rue des Fossés. La circulation automobile et le stationnement seront interdits aux abords immédiats du tribunal. Les cyclistes devront mettre pied à terre tandis que les piétons pourront continuer à circuler sur les trottoirs extérieurs.
Toute personne souhaitant accéder au palais de justice devra présenter une pièce d’identité et se soumettre à un contrôle systématique via un tunnel à rayons X et un portique de sécurité. « Toutes les personnes souhaitant accéder à la cour d’appel devront justifier de leur identité et se verront contrôler leurs effets personnels et professionnels », précise le communiqué de la justice rennaise. Pour les autorités judiciaires, ces mesures visent à garantir « la bonne tenue du procès » et la sécurité de l’ensemble des parties prenantes pendant ces près de trois semaines d’audience.


