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samedi 30 mai 2026
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un empire des bars rennais en redressement judiciaire

« Chez Birati, on aime : le café en terrasse, le bruit des verres qui trinquent, celui des fourchettes au fond des assiettes, le beurre salé, la foule, les gens, les retrouvailles de midi, les rires de minuit. En fait, on aime tout ce qui fait office de soleil pour les jours de pluie », écrit le groupe sur sa page LinkedIn. Derrière cette image chaleureuse, le groupe présidé par David Ozdimir s’est imposé ces dernières années comme un acteur incontournable de la vie nocturne et de la restauration à Rennes. À la tête de nombreux établissements et employant plusieurs dizaines de collaborateurs, Birati a construit un véritable écosystème festif.

Mais la situation s’est rĂ©cemment fragilisĂ©e ces derniers mois. Sa holding, Holdoz, a Ă©tĂ© placĂ©e en redressement judiciaire le 11 mars dernier, selon une information du TĂ©lĂ©gramme. L’administrateur judiciaire dĂ©signĂ©, Erwan Merly, aura pour mission d’accompagner l’entreprise dans cette phase dĂ©licate. Cette procĂ©dure permettra notamment de geler les dettes antĂ©rieures et de donner du temps pour envisager une restructuration viable durant la pĂ©riode d’observation.

Dans la capitale bretonne, le groupe possède ou exploite de nombreux établissements, en particulier autour de la place Sainte-Anne : la Bonne Nouvelle (récemment rénovée), le Marin Mousse, le Petit Bar, le Champ Jacquet, le Comptoir ou encore la crêperie Sainte-Anne. D’autres adresses complètent le portefeuille, comme le Brewklyn. Toutefois, certaines décisions ont déjà été prises pour alléger la structure. Le groupe Birati a ainsi cédé le Church et surtout le Montfort, repris par les gérants du Tire-Bouchon, avec une ouverture annoncée d’ici la fin mai.

D’autres lieux ont fermé leurs portes, comme le Club Citron, inauguré en juillet 2023 près du Stade Rennais, ou prochainement le glacier Nori Giri. Le Club Citron, guinguette sportive située en dehors du centre-ville, représentait pourtant une des premières tentatives d’expansion du groupe hors de son cœur historique, avec près de vingt salariés, lors de son inauguration. Pour rappel, le groupe a été confronté à des difficultés d’exploitation, à l’image du Ty Anna et du Petit Bar, fermé pendant un mois par décision préfectorale après des troubles à l’ordre public survenus lors de la soirée du 31 décembre. Selon Ouest-France, seule une structure spécialisée dans la location de terrains et de biens immobiliers échappe en partie aux difficultés, faisant l’objet d’une procédure de sauvegarde.

Dans un contexte marquĂ© par une baisse de frĂ©quentation et une multiplication des fermetures commerciales en centre-ville de Rennes, la situation de Birati dĂ©passe le seul cas d’une entreprise. Elle illustre les tensions croissantes qui pèsent sur tout le secteur de la restauration et des dĂ©bits de boisson. Entre hausse des coĂ»ts, Ă©volution des habitudes de consommation et contraintes rĂ©glementaires, l’équilibre Ă©conomique devient de plus en plus fragile pour beaucoup d’entre eux. Pour Birati, les prochains mois seront dĂ©cisifs. Pour le secteur, c’est toute une façon de faire vivre les centres-villes qui se retrouve questionnĂ©e.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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