Dans nos colonnes, une jeune femme raconte ce qu’elle a vécu mardi soir dernier à Rennes. Seule au volant, elle affirme avoir été menacée par des individus dont l’un a exhibé une arme à feu. Elle sortait d’un match de l’URB Rennes (victoire des basketteurs rennais). Son récit fait froid dans le dos et soulève aussi des questions sur la prise en charge de ce type de faits.
« Je n’oublierai jamais ce mardi soir. Il était environ 22h40. Je circulais au niveau du rond-point entre Bréquigny et la rocade quand un véhicule en face n’a pas respecté la priorité et a continué tout droit, au risque de me couper la route. J’ai ralenti pour éviter l’accrochage et le laisser passer. Une fois engagée sur la voie d’accélération, le véhicule des individus a de nouveau ralenti. Les quatre occupants m’ont alors fait des signes pour que je me rapproche. Moi j’étais toute seule, donc je ne me suis pas arrêtée. J’ai décidé de les dépasser par la droite et de m’insérer sur la rocade. Mais leur voiture m’a rattrapée rapidement et s’est portée à ma hauteur.
À ce moment-là, l’un des passagers a baissé la fenêtre et a sorti la tête en ricanant. Et là, il a sorti une arme à feu. Je n’ai pas cherché à comprendre, je ne les ai pas regardés, je me suis concentrée uniquement sur la route et j’ai cherché à m’éloigner en me rabattant tout de suite sur la première sortie. En face une voiture arrivant m’a empêchée d’accélérer davantage, mais elle a aussi empêché les individus de se rabattre pour me bloquer. Ils ont fini par repartir en continuant sur la rocade.
Après coup, la peur est montée. Je me suis dit que ça aurait pu être bien plus grave. J’ai appelé mon père, puis la gendarmerie pour signaler les faits. Quand je me suis rendue le lendemain au commissariat, on m’a dit que sans plaque, on ne pouvait rien faire. On m’a expliqué que même une main courante ne servirait pas à grand-chose. Moi, j’avais voulu faire mon devoir en signalant ce qui s’était passé, parce que ça aurait pu arriver à quelqu’un d’autre. En en parlant plus tard autour de moi, je me rend compte que ça arrivait plus souvent qu’on ne le pense. Aujourd’hui, je retiens surtout une chose : heureusement que je ne me suis pas arrêtée. »


