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mardi 28 avril 2026
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RN, vote barrage, Rousseau : “Vivre Rennes” se défend après les municipales

En officialisant la création de leur parti (voir notre article), les responsables de Vivre Rennes sont aussi revenus longuement sur les tensions de la campagne municipale. Deux sujets concentrent encore les critiques : le « soutien » du Rassemblement national à Vivre Rennes au second tour et la candidature de Thomas Rousseau (Les Républicains), lors du premier tour.

« On a bien dit quels soutiens on acceptait et quels soutiens on refusait. »

Leader du nouveau mouvement et candidat aux municipales, Charles Compagnon ne s’est pas défaussé face aux journalistes locaux (Ouest-France, Le Télégramme et Rennes Infos Autrement). « Le RN voulait faire barrage à Nathalie Appéré », explique-t-il. « En revanche, nous avons toujours été extrêmement clairs. Contrairement à la maire sortante, nous ne nous sommes jamais associés, ni n’avons discuté ou échangé avec des partis d’extrême gauche ou d’extrême droite. Il n’y a eu aucun échange, ni “off”, ni discours entre les deux tours. »

Encore aujourd’hui, Charles Compagnon conteste les accusations « d’alliance » entre le RN et Vivre Rennes formulées par les socialistes entre les deux tours. « C’était un mensonge éhonté, une caricature, une ficelle énorme. Malheureusement, cela a marché : beaucoup de Rennais se sont abstenus. » Issue de la gauche, la numéro 2 Carole Gandon n’a, elle, jamais cru en la stratégie « d’ostracisation » de l’électorat du RN. « Elle a échoué depuis trente ans. Le RN n’a jamais été aussi haut. Lors de cette campagne, des gens très bien-pensants nous expliquaient que nous aurions dû insulter les électeurs RN, leur tourner le dos au simple motif qu’ils avaient fait un choix qui n’est pas le nôtre. »

Dans la capitale bretonne, la ligne défendue par “Vivre Rennes” repose au contraire sur une distinction assumée entre les partis et les électeurs. « Nous allons faire autrement. Nous allons arrêter de faire comme nous le faisons depuis trente ans. Nous allons considérer les gens, ne pas les prendre pour des idiots, ne pas leur expliquer ce qu’ils voient ou ne voient pas. Nous allons essayer de leur proposer des réponses. » 

« Notre objectif était de remplacer Nathalie Appéré », rappelle Amélie Dhalluin. « Chez les partisans de Thomas Rousseau, l’objectif était de nous battre, nous. »

L’autre point de tension concerne la candidature du Républicain Thomas Rousseau. « Il s’est porté candidat pour gagner en notoriété et, demain, se présenter aux régionales ou à une autre élection. Cette candidature a introduit de la confusion là où il aurait fallu de la clarté. Une partie de l’électorat favorable à l’alternance s’est trouvée désorientée, notamment dans certains quartiers comme Thabor–Jeanne d’Arc », indique Charles Compagnon.

Au passage, Charles Compagnon tacle son rival. « Thomas Rousseau voulait une primaire. Il l’a eue au premier tour avec 6 % pour lui et 22 % pour moi. Malgré cela, il n’a pas appelé à voter pour nous au second tour. Il a uniquement appelé à faire barrage à l’extrême gauche, laissant ainsi le choix à ses électeurs de voter pour Nathalie Appéré ou pour nous. Il y a quand même un manque de cohérence fort de ne pas être capable de choisir notre mouvement dans lequel figuraient d’anciens Républicains. » Et de poursuivre : « Son discours aurait pu être différent : J’ai joué, j’ai fait 6 %, je suis remboursé ; maintenant, allons tous voter pour Charles Compagnon parce que l’alternance est nécessaire. C’est ce que les Républicains nationaux ont fait. »

Dans ces tentatives de rapprochement, Vivre Rennes estime avoir perdu du temps. « Tant que Thomas Rousseau existait seul, il disposait d’une visibilité, d’une tribune », explique Carole Gandon. « Au moment où il venait avec nous, il n’était plus que numéro 3. Il a donc joué la montre longtemps. »  Autre colistière, Amélie Dhalluin appelle désormais à dépasser cette séquence. « Aujourd’hui, il n’y a plus d’élus Républicains labellisés au conseil municipal, puisqu’ils ont même exclu ceux qui l’étaient. Tout cela est le résultat de choix politiques et personnels que nous regrettons. Mais l’avenir, ce n’est pas les 6 % de Thomas Rousseau : c’est Rennes, notre groupe d’élus et les sujets que nous allons porter. » En se projetant vers l’avenir, “Vivre Rennes” cherche à sortir des controverses de campagne pour s’imposer comme une vraie alternative. Mais ces débats laisseront sans doute des traces

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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