Les Rennais portent tous en eux un souvenir d’enfance ! En ces jours d’automne, ils éprouvent du plaisir à retourner sous les allées des marronniers du Thabor. Ils aiment le bruit sec d’une bogue éclatée sur le sol, la chaleur d’un marron serré dans la paume, la joie d’une bataille improvisée entre enfants…
Parfois, les promeneurs maugréent contre ces fruits en glissant dessus malencontreusement. Mais convenons-le : quel plaisir de les revoir chaque année ! Ces marronniers sont notre madeleine de Proust. Depuis des générations, ils veillent sur les promeneurs t les jeux bruyants des enfants. Ils abritent les confidences échangées sur un banc, sous leur ombre fraîche en été, leurs fleurs au printemps, leurs bogues piquantes à l’automne.
Plantés lors du grand réaménagement du parc entre 1866 et 1868 par Denis Bühler, les marronniers du Thabor incarnent l’élégance d’une période perdue dans les limbes de l’histoire. Alignés comme un régiment de « bidasses », pensés comme une architecture vivante, ils donnent au parc ce rythme solennel, presque musical, qui accompagne chacun de nos pas.
Pour rappel, le marronnier (Aesculus hippocastanum) donne de grosses graines brunes et brillantes, trésors des enfants. Mais attention : ces fruits ne se mangent pas. Ils n’ont rien à voir avec les châtaignes grillées qui embaument la place de la mairie en hiver, encore moins avec les marrons glacés, promesses sucrées des fêtes de fin d’année. Une autre madeleine…



