« Les pharmacies sacrifiées, les patients oubliés » ou encore « Pharmacies en danger — Santé menacée », pouvait-on entendre dans le cortège. Ce jeudi 18 septembre, environ 570 blouses blanches (selon la préfecture) ont défilé dans les rues de Rennes pour alerter sur les difficultés qui pèsent sur leur profession. Loin de certaines manifestations tendues ou violentes, l’ambiance ici était calme, déterminée, presque festive, sous le ballons verts et autres banderoles.
À l’origine de la colère : une décision gouvernementale de plafonner les remises commerciales sur les médicaments génériques. Concrètement, le plafond est passé de 40 % à 30 % début septembre, avec une nouvelle baisse prévue à 20 % dès 2027. Pour les profeessionnels de la santé, ce sont des pertes directes sur leur modèle financier. « On n’est pas contentes parce que l’État veut faire des économies là où il n’y a pas lieu d’en faire», dénoncent Adeline et Anne-Sophie, deux manifestantes présentes dans le cortège. « Il privilégie les industries au détriment de nos pharmacies. »
Selon les syndicats, la baisse de 10 points des remises représente une perte de 260 millions d’euros à l’échelle des 20 000 pharmacies françaises, soit un coût supplémentaire de 13 000 euros par an pour chaque officine. Une somme que de nombreuses structures ne pourront pas absorber. « Cette mesure peut faire fermer une pharmacie sur trois, soit environ 6 000 établissements. Déjà, 2 000 pharmacies ont disparu en dix ans, » indiquait Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), dans Le Figaro.
Eu égard à cette manifestation à l’appel de orgnismes FSPF et USPO, deux pharmacies, celle du Chapitre et celle du Landry, ont été réquisitionnées par l’Agence régionale de santé pour assurer les urgences rennaise. Le reste du réseau s’est mis en grève à l’exception de quelques pharmacies qui sont demeurées ouvertes dans la capitale bretonne Au-delà de l’aspect financier, les pharmaciens soulèvent un autre problème : le recrutement de plus en plus difficile, notamment dans les zones rurales. Ce qui n’est pas sans conséquence. « Nos équipes sont sous pression, nos rythmes sont intensifiés », affirmait l’un des protestataires. À Rennes, le cortège a défilé le long des quais, au départ de l’esplanade du Général de Gaulle.


