La journée de mercredi a donné le ton (voir nos différents articles). À Rennes, le collectif « Bloquons tout » a revendiqué une première mobilisation réussie : blocages de la rocade, et une manifestation rassemblant près de 15 000 personnes dans les rues de la ville. De quoi donner confiance aux militants, qui veulent inscrire leur mouvement dans la durée.
Mais dès ce jeudi matin, la limite est apparue. La neutralisation du dépôt de bus Keolis, annoncé dès 4 h à la Plaine de Baud, devait empêcher la sortie des véhicules du réseau STAR. En réalité, les bus ont pu circuler normalement. Sur place, quelques manifestants ont bien tenté de s’interposer, mais la police, déjà positionnée, a rapidement mis fin à l’action.
Toujours ce jeudi, un blocage des entrepôts Amazon, également prévu à la Plaine de Baud, doit se tenir dans la matinée. Vendredi, les militants entendent « remettre ça » avec de nouvelles tentatives de blocage aux mêmes points stratégiques. Samedi, changement de format : plusieurs ronds-points autour de Rennes — Via Silva, Cleunay, Pacé ou encore Grand Quartier — devraient accueillir des opérations plus visibles et conviviales. Le collectif appelle à ralentir les flux automobiles, à improviser des barbecues sur place et à transformer ces carrefours en lieux de rencontres. La journée se conclura par une assemblée générale programmée à 18 h 30 au PAM, à Cleunay. Dimanche, c’est le terrain culturel qui est visé par les manifestants. À 15 h, le blocage de l’exposition Pinault au Couvent des Jacobins est prévu, en signe de contestation contre ce que le mouvement appelle « les élites culturelles » et au nom d’une culture « pour tous ». La semaine prochaine s’annonce tout aussi chargée.
Mardi, un happening baptisé « mourning » doit se tenir place de la mairie. Les participants sont invités à venir masqués, avec une pancarte mentionnant un acquis social « en voie de disparition », pour une mise en scène funèbre accompagnée d’une marche en fanfare. Le même jour, une nouvelle assemblée générale doit préparer la manifestation intersyndicale du 18 septembre. D’autres actions, non encore rendues publiques, sont à l’étude : grèves, blocages de supermarchés, opérations à vélo sur les ronds-points. « Bloquons tout » veut maintenir la pression jusqu’au prochain rassemblement du 18 septembre, mais la réussite dépendra de sa capacité à mobiliser au-delà du coup d’éclat de mercredi.


