20 C
Rennes
mardi 28 avril 2026
AccueilActualitésDeux cinquantenaires, vingt cambriolages et un passé carcéral lourd : le duo infernal...

Deux cinquantenaires, vingt cambriolages et un passé carcéral lourd : le duo infernal reste en prison

À plus de cinquante ans, ils ne sont pas rangés des voitures (comme le dit l’expression populaire et argotique). Que nenni ! Les deux hommes, Jean Micheletti, 49 ans, et Pierre Mayer, 55 ans, continuent à en voler des… voitures pour commettre leurs rapines. Car à cet âge canonique pour un bandit de grand chemin, ces « papys braqueurs » ont toujours leurs mauvaises habitudes. Même si devant leurs juges, ce lundi, 7 juillet dans le cadre d’une comparution immédiate, ils ont plutôt fait profil bas (voir notre dernier article).

Au-delà de leurs méfaits tout aussi condamnables soient-ils, c’est leur personnalité qui a intrigué la présidente du tribunal, Elsa Bensaïd. Le premier, Jean Micheletti, est costaud, sans doute roublard. Il vit dans une caravane, au sein de la communauté des gens du voyage. Divorcé, père de deux enfants, il reconnaît les faits. Son casier compte jusqu’à quatorze condamnations. « C’est un quotidien difficile », dit-il à la barre. « Ce n’est pas facile, mais je veux changer. Je vais travailler avec mon fils. »

Son comparse Pierre Mayer, en revanche, nie en partie les faits. « C’est possible que ce soit moi, possible que ce ne soit pas moi », lâche-t-il, évasif. À son âge, son cheminement judiciaire est un exemple pour tout apprenti « malfrat » : 27 condamnations, dont certaines extrêmement lourdes. En 1985, il n’a que 15 ans lorsqu’il passe 10 ans de réclusion pour vol avec violences ayant entraîné la mort. S’en suivront des peines de 12 ans, puis 15 ans, pour vols à main armée. La présidente de la juridiction fait la même somme. « Si on aligne toutes vos condamnations, on dépasse votre âge. »

Devant le tribunal, Pierre Mayer semble amoindri. Il affirme souffrir d’amnésie, aggravée par un syndrome psychotique déclenché, selon lui, par le suicide d’un codétenu. « Je prends une quinzaine de médicaments par jour. Je suis déconnecté de la société », assure-t-il, un brin fatigué. Un expert psychiatre a d’ailleurs conclu à une « psychose carcérale active », altérant son discernement.

Surnommés les « papys braqueurs » par leurs propres avocats, ils comparaissaient devant le tribunal pour une série de vols avec effraction et usurpation, principalement aux dépens de personnes âgées, dans l’ouest de la France. Entre le 5 et le 16 mai 2025, ils ont commis une vingtaine de cambriolages, en Ille-et-Vilaine, dans le Morbihan, les Côtes-d’Armor et la Mayenne. Le mode opératoire était toujours le même. Ils se faisaient passer pour des agents de sécurité, profitaient de l’absence des victimes âgées, forçaient une fenêtre ou une porte, et repartaient avec bijoux, montres ou argent liquide.

Le 16 mai, après des semaines de filatures, les deux suspects ont été interpellés en Mayenne, à Laval, par les unités de la gendarmerie, dont les Groupes d’observation et de surveillance (GOS) et le GELAB. Dans leur véhicule — volé et circulant sous une fausse plaque —, les enquêteurs ont découvert des objets provenant de plusieurs cambriolages commis le jour même à Craon, Bonchamp-lès-Laval, Val-du-Maine et Château-Gontier.

Devant tant de vols, la procureure ne s’est pas laissée attendrir. Elle a requis contre Pierre Mayer cinq ans de réclusion, plus un an pour évasion (il ne s’était pas représenté en détention après une permission de sortie) et deux ans, dont un avec sursis, contre son complice. De l’autre côté de la barre, les défenseurs ont tenté de relativiser. « À Paris, les braqueurs de Kim Kardashian ont écopé de trois ans maximum », a plaidé Me Sobieslaw Bemmoussa, l’avocat de Pierre Mayer. « Ici, nous sommes devant un homme malade. La prison est devenue un poison. Il a besoin d’un traitement, pas d’un enfermement supplémentaire. » Le tribunal a tranché. Deux ans ferme pour Pierre Mayer, plus un an pour l’évasion. Un an ferme pour Jean Micheletti. Tous deux sont maintenus en détention.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

// Dernières nouvelles publiées

seize ans après sa fermeture, l’ex-prison Jacques-Cartier cherche une clé de sortie

Seize ans après la fermeture de la prison Jacques-Cartier en 2010, la reconversion du site fait encore couler de l’encre. La dernière délibération municipale...
- Advertisement -
- Advertisement -

// Ces articles peuvent vous intéresser