Samedi 31 mai, à Coutances, sous-préfecture de la Manche, un policier rennais de 43 ans a été grièvement blessé au visage par une fusée de détresse tirée dans la foule peu après la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions. Le suspect, un marin-pêcheur d’une vingtaine d’années, a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire strict.
L’engin pyrotechnique a été tiré vers 22h55, au cœur de la foule rassemblée pour assister à la retransmission du match sur écran géant, en marge du festival « Jazz sous les pommiers ». Selon le procureur de la République de Coutances, Gauthier Poupeau, le marin-pêcheur a expliqué en garde à vue avoir déclenché volontairement un feu de détresse « pour célébrer la victoire du PSG », mais en inversant par erreur « le sens d’usage du dispositif ». Le projectile a percuté le sol, s’est élevé, puis a poursuivi sa trajectoire de manière aléatoire dans la foule, avant de frapper le fonctionnaire de police.
Le policier, immédiatement pris en charge à l’hôpital de Coutances, a été placé dans un coma artificiel avant d’être transféré au CHU de Caen. Son pronostic vital est toujours engagé. Deux autres spectateurs ont également été touchés : un homme d’une vingtaine d’années, brûlé au flanc, et un quinquagénaire blessé au genou. Tous deux présentent des incapacités totales de travail inférieures à une semaine.
L’auteur présumé du tir, inconnu de la justice, s’est présenté de lui-même au commissariat de Coutances jeudi 5 juin, à la demande des enquêteurs. Il a été placé en garde à vue puis déféré devant un juge d’instruction vendredi. Il est mis en examen pour blessures involontaires avec incapacité supérieure à trois mois par violation délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence, et blessures involontaires avec ITT inférieure ou égale à trois mois dans les mêmes circonstances.
Le contrôle judiciaire imposé est strict : interdiction de se rendre à Coutances, de participer à toute manifestation publique dans la Manche, interdiction de port ou de détention d’armes, obligations de pointage régulier et de suivi socio-éducatif. L’enquête, conduite par la police judiciaire de Caen en co-saisine avec le commissariat local, s’appuie notamment sur les images de vidéoprotection récemment installées. Elles permettent de retracer avec précision la trajectoire de la fusée depuis son déclenchement jusqu’à son impact. Les investigations se poursuivent, notamment pour évaluer les séquelles des victimes, en particulier celles du policier grièvement atteint.


