Dans le cadre de l’enquête sur deux fusillades survenues en janvier dans le quartier de Villejean à Rennes, la garde à vue de six suspects a été prolongée ce mercredi matin pour 48 heures supplémentaires. Les faits sont qualifiés de tentative de meurtre en bande organisée et d’association de malfaiteurs en vue de commettre un crime.
Confirmée par le procureur de la République Frédéric Teillet, cette prolongation s’inscrit dans une procédure complexe pilotée par la Division de la criminalité organisée spécialisée (DCOS) d’Ille-et-Vilaine, avec l’appui de l’Unité d’investigation nationale (UIN). Cinq individus ont été arrêtés dans l’agglomération rennaise ; un sixième, déjà incarcéré, a été extrait de cellule pour être placé en garde à vue.
Les suspects, âgés de 17 à 26 ans au moment des faits, sont soupçonnés d’avoir directement participé à deux fusillades qui ont semé la terreur dans l’espace public les 5 et 11 janvier. Le 5 janvier, des hommes armés de fusils mitrailleurs échangeaient des tirs à ciel ouvert sur la dalle Kennedy, en plein cœur de Villejean. Aucun blessé n’avait été signalé, mais une balle avait terminé sa course dans un appartement.
Six jours plus tard, le 11 janvier vers 20 heures, une seconde fusillade éclatait. Deux hommes cagoulés tiraient à l’arme automatique, blessant grièvement un sans-abri d’origine écossaise et plus légèrement un autre passant tibétain. Les deux victimes ont été rapidement identifiées comme totalement étrangères à tout trafic.
La garde à vue des six interpellés pourrait durer jusqu’à 96 heures, conformément aux dispositions prévues pour les affaires liées au grand banditisme. L’un des suspects majeurs était mineur au moment des faits. Le parquet de Rennes, sollicité, n’a pas souhaité commenter davantage l’enquête.
Ces violences s’inscrivent dans une spirale préoccupante pour le quartier de Villejean. Le 17 avril, trois jeunes hommes ont été blessés par balles dans un fast-food et ses abords. Le 3 mai, deux adolescents ont été visés par des tirs de Kalachnikov. Les autorités semblent désormais décidées à intensifier la réponse judiciaire et policière face à cette escalade.


