La nouvelle carte scolaire a été arrêtée ce vendredi 4 juillet 2025 lors d’une réunion entre l’administration académique et les syndicats. À Rennes, plusieurs écoles vont perdre des classes à la rentrée. Cette situation suscite inquiétude, alors même que la ville continue de gagner des habitants et que ses écoles accueillent toujours plus d’élèves.
Rennes, la plus touchée du département
Parmi les nouvelles fermetures définitives décidées pour septembre, sept concernent des écoles rennaises. Jean-Rostand, Léon-Grimault, Paul-Langevin, Marie-Pape-Carpantier, Jean-Moulin, Volga (maternelle) et Marcel-Pagnol perdront une ou plusieurs classes. Deux autres écoles, Volga (REP+) et Sonia-Delaunay, pourraient également voir des suppressions, conditionnées cette fois à un comptage d’élèves en septembre.
En parallèle, huit ouvertures sont confirmées à Rennes, notamment dans les écoles Albert-de-Mun, Simone-Veil, Jacques-Prévert ou Les Cloteaux (en réseau d’éducation prioritaire), mais aussi dans des filières spécifiques comme le breton (Guyenne, Miriam-Makeba) ou dans des quartiers en forte évolution (Joseph-Lotte, Toni-Morrison). Pour autant, le solde reste défavorable : le nombre de classes fermées dépasse celui des classes ouvertes.
Une logique comptable plus qu’éducative ?
Le contexte départemental pèse lourd dans ces choix : 1 296 élèves de moins sont attendus dans les écoles publiques du premier degré à la rentrée en Ille-et-Vilaine. En conséquence, quatorze postes d’enseignants (équivalents temps plein)seront supprimés dans le département. Mais au-delà des chiffres, ce qui interroge à Rennes, c’est la manière dont les ressources sont redistribuées.
Certains dispositifs, comme les pôles d’appui à la scolarisation (destinés à mieux accompagner les élèves en difficulté), seront bien créés, mais sans moyens supplémentaires. Autrement dit, les nouvelles structures devront être financées en prélevant dans l’existant. Cela signifie concrètement que des classes ordinaires ferment pour alimenter ces nouveaux dispositifs, sans que l’Éducation nationale n’ajoute de postes ni de moyens dédiés.
Ce fonctionnement « à moyens constants » est l’une des critiques principales formulées par les représentants du personnel : on déshabille des écoles déjà tendues pour en soutenir d’autres, sans investissement global. Dans une ville comme Rennes, où certaines écoles accueillent déjà des effectifs élevés, la méthode passe mal.
Une situation moins tendue ailleurs dans le département
Comparée aux autres grandes villes d’Ille-et-Vilaine, Rennes est la plus impactée par cette redistribution. À Saint-Malo, Fougères, Vitré ou Redon, les fermetures sont plus dispersées et concernent moins d’établissements. Dans la capitale bretonne, elles se concentrent dans plusieurs écoles à fort effectif, souvent en réseau d’éducation prioritaire ou dans des quartiers populaires.
Face à ces décisions, plusieurs écoles rennaises se sont déjà mobilisées, parfois depuis plusieurs mois. Pour les parents comme pour les enseignants, ces fermetures risquent d’alourdir les effectifs dans les classes restantes et de détériorer les conditions d’apprentissage. Une rentrée sous tension se profile donc dans plusieurs établissements de la ville.


