La chaleur était écrasante. Sur les quais de la Vilaine, dans les rues du centre-ville et jusqu’à la place de Bretagne, les éventails s’agitaient presque autant que les drapeaux arc-en-ciel. Ce samedi 20 juin, plusieurs milliers de personnes ont participé à la Marche des fiertés 2026, transformant Rennes en une immense vague colorée, festive et revendicative. Au premier rang figuraient de nombreux élus rennais. Nathalie Appéré, maire de Rennes, arborait une écharpe aux couleurs LGBT+, à l’image de plusieurs de ses adjoints et conseillers municipaux.
Tout au long de l’après-midi, les rues sont devenues un immense ruban multicolore où l’on y lisait de nombreux slogans. « Faites l’amour, pas la gay-re », pouvait-on déchiffrer sur une pancarte brandie à hauteur du visage d’une jeune femme souriante. Plus loin, une participante détournait, elle, la formule biblique : « Dieu a créé Adam et Ève… je me suis tapée les deux. » Une autre affiche proclamait, un brin ironique : « J’aime les âmes, pas les genres. »
Sur les trottoirs, les téléphones immortalisaient ces messages souvent drôles, parfois provocateurs, toujours assumés. Sous un soleil de plomb, beaucoup cherchaient en revanche l’ombre des immeubles ou des grands arbres. D’autres déployaient des trésors d’ingéniosité pour résister à la canicule. Ils paradaient avec ombrelles, chapeaux extravagants, maquillages scintillants et tenues hautes en couleur.
Tout au long du parcours, les basses résonnaient contre les façades du centre-ville. Sur l’un des chars, des bénévoles du centre LGBT+ dansaient sous un décor végétal improvisé. Ailleurs, une personne en fauteuil roulant, entièrement décoré aux couleurs de la Pride, portait un panneau simple mais efficace : « Laissez-nous aimer. » Une Drag posait au milieu des photographes.
Entre les immeubles haussmanniens, les drapeaux bretons, les passants observaient, applaudissaient ou photographiaient le défilé depuis les trottoirs jusqu’au moment où une minute de silence a été observée en mémoire des victimes de toutes les haines, discriminations et agressions visant les personnes LGBT+. Sous les arbres, le silence contrastait avec l’effervescence qui suivra quelques instants plus tard. Quelques secondes après, les applaudissements reprenaient, les chars relançaient la musique et Rennes retrouvait ses couleurs.


