Un rassemblement citoyen est prévu à Rennes le samedi 31 janvier 2026, de 11 h à 12 h, devant l’Hôtel de la préfecture. À l’initiative du syndicat Alliance Police nationale, première organisation syndicale des forces de l’ordre, cette mobilisation s’inscrit dans une action nationale organisée simultanément dans 24 villes françaises. Elle désire alerter contre une dégradation continue de la sécurité publique, en raison d’un manque de moyens, de choix budgétaires insuffisants et d’une réponse pénale de plus en plus tardive. « La sécurité n’est pas négociable. Elle conditionne toutes les libertés », rappellent les instigateurs.
Contrairement à une manifestation strictement professionnelle, le rendez-vous rennais se veut ouvert à tous. « C’est un rassemblement citoyen, pas réservé à la police. Tous les Rennais et les Rennaises sont les bienvenus », explique Frédéric Gallet, représentant syndical local. « Nous avons convié les élus municipaux, députés et sénateurs de Rennes et des communes relevant de notre circonscription. » Comme on l’imagine aisément, le choix du lieu, devant la préfecture, n’est pas du tout anodin. « C’est un symbole fort. Nous manifesterons devant la représentation de l’État », souligne-t-il.
Sur le terrain, les policiers dressent un constat sévère. Ils dénoncent le manque d’effectifs, mes difficultés en investigation, mes lourdeurs procédurales, le matériel insuffisant et surtout les délais judiciaires jugés excessifs. « Aujourd’hui, lorsqu’un citoyen est victime d’une infraction pénale, la date de convocation peut être fixée à début 2028. À ce stade, la sanction et la réparation perdent tout leur sens », déplore Frédéric Gallet.
Les auteurs sont davantage protégés que les victimes, les policiers et les gendarmes, alors que l’État devrait avant tout défendre les personnes et les biens. » Frédéric Gallet.
Selon le syndicat, ces dysfonctionnements ont un impact direct sur la sécurité quotidienne des Rennais. « Nos conditions de travail dégradées ont des conséquences concrètes pour les habitants qui dépendent de la Police nationale », ajoute-t-il. Le rassemblement vise aussi à dénoncer le sentiment d’abandon ressenti par de nombreux agents. « Les collègues se mettent en danger, parfois en danger de mort. On a régulièrement des blessés et, malheureusement, des décès sur le territoire, pour des réponses pénales qui ne sont pas à la hauteur », insiste le représentant syndical.
Au-delà des revendications professionnelles, le message se veut clair et s’adresse directement aux citoyens. « Ce rassemblement, c’est pour dire aux Rennais que leur sécurité est en jeu. Les effets d’annonce ne suffisent plus. On a entendu beaucoup de promesses, mais sur le terrain, on ne voit pas les moyens arriver », conclut Frédéric Gallet. Le regroupement aura une dimension régionale, avec la présence de policiers venus notamment du Morbihan, du Finistère et des Côtes-d’Armor.


