Ce 7 avril, le Cabaret botanique se remplit doucement. Le festival Mythos accueille une figure à part du rock britannique : Pete Doherty. Ancien leader des Libertines et de Babyshambles, il a longtemps incarné une certaine idée du romantisme rock, entre chaos et élégance. Depuis 2009, ce dandy british trace une route plus apaisée en solo, amorcée avec Grace/Wastelands, un premier album salué par la presse.

Hier soir, il est arrivé seul, guitare électrique en main, sous des lumières bleues… électriques. De quoi électriser un public de fidèles, quadras et quinquagénaires pour beaucoup, venus retrouver une voix qui a marqué leur jeunesse. Casquette gavrochienne vissée sur la tête, silhouette toujours soigneusement négligée, Doherty a installé peu à peu son univers. Il a distillé une musique oscillant entre mélancolie et douceur. Il a entraîné les Rennais et les Rennaises dans un déhanchement presque discret, comme retenu, mais chargé d’un spleen très britannique.
Après l’énergie virevoltante de Deluxe la veille, la soirée a pris un autre rythme, plus calme, plus introspectif. On écoutait, accoudé au bar, un verre de Minervois à la main. Par moments, on n’était plus tout à fait à Rennes, mais quelque part du côté de Soho, entre deux pages d’Oscar Wilde. Avec les années, Doherty se détourne du tumulte. Mais il reste ce songwriter capable de transformer ses errances en chansons lumineuses et en fulgurances poétiques. Dans cette parenthèse suspendue, on croyait presque entendre sonner par moments Big Ben. Ce n’étaient pourtant que les cloches de Saint-Melaine qui rappelaient discrètement que l’on était bien à Rennes. Le festival Mythos se poursuit ce soir avec la révélation Sam Sauvage, à 21 h, au Cabaret botanique.


