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dimanche 15 mars 2026
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Lutte ouvrière veut faire des municipales un terrain de combat social

Dans la campagne municipale rennaise, certaines listes parlent mobilités douces, insécurité ou attractivité économique. D’autres élargissent le cadre. À Rennes, la liste de Lutte ouvrière assume une candidature qui ne se limite pas aux frontières de la ville. Pour sa représentante locale, Sandra Chirazi, les municipales doivent être une tribune pour faire entendre ceux qui travaillent. Pas seulement les salariés en poste, mais aussi les chômeurs, les retraités, tous ceux qui vivent de leur travail ou en ont vécu. « On se présente pour faire défendre le camp des travailleurs», explique-t-elle longuement. « Ce sont tous ceux qui font tourner la société par leur activité, mais aussi ceux qui cherchent un emploi, ceux qui ont passé leur vie à trimer. Ce camp-là n’a jamais vraiment la parole. On parle à leur place. On décide pour eux. Nous, on veut qu’ils puissent s’exprimer directement. Chaque vote pour notre liste sera un geste politique. »

Dans l’échange, on tente une incursion dans la politique locale. Transports gratuits, culture, sport, logement : que propose concrètement la liste ? Mais bien vite, la réponse déborde vite le cadre strictement municipal. Pour la candidate, les sujets locaux sont inséparables d’un rapport de force plus global entre salariés et grands groupes. Elle en veut pour preuve les conditions de travail dans l’industrie, les suppressions de lignes de bus d’entreprise… « On nous parle de transports gratuits. Évidemment que ce serait mieux. Mais les déplacements servent d’abord à aller bosser. Alors pourquoi ne seraient-ils pas financés entièrement par les employeurs ? Quand il a neigé, certains cadres de Stellantis sont allés chercher des intérimaires en voiture, mais au retour, ils sont rentrés à pied. Les lignes mises en place pour les salariés ont elles été supprimées. Ceux qui se sacrifient, qui travaillent les week-ends et les jours fériés, ce sont toujours les mêmes. Tant que les décisions sont prises en fonction du profit, on aura ces injustices. »   

Sur la gestion municipale rennaise la candidate nuance sans épargner. Elle pointe une logique d’adaptation permanente à des choix décidés ailleurs dans d’autres lieux. Les mouvements du personnel municipal ces dernières années, dans les bibliothèques ou les piscines, sont évoqués comme révélateurs d’un système français sous tension. « Même avec de bonnes intentions, une mairie gère la pénurie. Et quand les agents se mobilisent, on répond que les dotations nationales baissent. C’est souvent vrai. Mais cela montre surtout que le pouvoir réel n’est pas au niveau local. Les décisions qui pèsent sur nos vies sont prises par ceux qui détiennent les capitaux. Une municipalité peut au mieux amortir, rarement transformer en profondeur. »

Au-delà de la critique libérale, la liste avance une autre conception de la démocratie locale. Elle se réfère à des expériences historiques du mouvement ouvrier et à des formes d’organisation où les élus ne seraient pas installés pour six ans sans contrôle. « On est habitués à obéir. À attendre qu’on nous dise quoi faire, pour qui voter, comment penser. Nous, on pense que les travailleurs sont capables de décider eux-mêmes. Dans l’histoire, il y a eu des élus révocables à tout moment, des représentants qui ne gagnaient pas plus qu’un ouvrier qualifié. Il y a eu des comités de grève où les premiers concernés prenaient les décisions. Ce n’est pas une utopie abstraite. Ce sont des expériences concrètes. On peut s’en inspirer pour imaginer autre chose que la gestion classique. »

Reste la question du résultat électoral. À ses yeux, les municipales sont aussi un moment où se mesurent des rapports de force nationaux, au-delà des projets de quartier. « À la fin, on comptera les voix. On dira que la gauche a fait tant, la droite tant, l’extrême droite tant. Ce ne sont pas les détails des programmes locaux qui marqueront les esprits, mais le rapport de force global. Pour nous, chaque travailleur qui met un bulletin Lutte ouvrière dans l’urne fait un geste politique conscient. Cela prépare l’avenir. Parce qu’il y aura d’autres crises, d’autres mobilisations. Le fait d’avoir construit une équipe, d’avoir mené campagne, ça comptera dans ces moments-là. »

Une réunion publique est annoncée début mars à Villejean. Une seule, mais présentée comme un temps d’échange direct. Dans une campagne souvent dominée par la communication et les réseaux sociaux, la liste revendique un contact plus simple, plus frontal. « Sur notre liste, nous avons des ouvriers, des employés, des personnes qu’on n’entend jamais, c’est déjà un pas. On veut montrer que ceux qui font tourner la société peuvent aussi décider de son organisation. Ce n’est pas une question technique. C’est une question de pouvoir. Tant qu’il restera concentré entre quelques mains, on aura les mêmes impasses. Nous, on défend l’idée qu’il peut changer de camp. » Pour plus de renseignements sur Lutte ouvrière. https://www.lutte-ouvriere.org/portail/elections/municipales-2026-rennes-189451.html

Les candidats : Sandra Chirazi, statisticienne, Jean-Louis Amisse, postier, Valérie Hamon, cheminote, Régis Moreau, ouvrier industrie automobile, Lucie Herblin, éducatrice spécialisée, Édouard Descottes, enseignant, Christelle Jarny, postière, Benoît Guillet, éducateur spécialisé, Florence Defrance, ingénieure, Éric Derouéné, agent de bibliothèque, Catherine Deshayes, aide-soignante, Serge Defrance, ingénieur, Françoise Hamard, secrétaire, Pascal Ledain, ouvrier industrie automobile, Pauline Musseau, infirmière, Vincent Leroy, ouvrier imprimeur, Christine Brennus, technicienne en assurance, Raymond Madec, infirmier, Martine Grassineau, ingénieure, Karim Ouziala, technicien imprimeur, Cécile Vibert, agent d’accueil, Éric Lepage, animateur socioculturel, Bénédicte David, infirmière, Régis Douard, agent hospitalier, Coralie Le Rouzic, employée de bureau, Hervé Zamponi, ouvrier imprimeur, Sophie Désille, aide-soignante, Miguel Luyeye, mécanicien poids lourd, Jeannick Rouleaux, employée de bureau, Gilles Lucas, enseignant, Elisabeth Yadang, ingénieure qualité, Judikaël Gaudin, moniteur auto-école, Jeanne Toupet, infirmière, Nicolas Bastian, agent administratif, Angélique Lecaille, artiste formatrice, Hoël Iris, ingénieur développeur, Stéphy Unimon, assistante dentaire, Eric Gaillard, postier, Lucie Lozach, professeure des écoles, Bertrand Julé, musicien, Moelijeka Kouakou, accompagnante éducatif et social, Frédéric Meneu, enseignant, Ipek Cakir, aide-soignante, Emmanuel Naudeix, médecin hospitalier, Lou Cavasso, étudiante, Michel Desnos, cheminot, Juliette Gouillet, étudiante, Gaëtan Zum-Folo, animateur social, Emeline Lévêque, professeur des écoles, Sébastien Nourry, architecte d’intérieur, Alexandra Leroy, professeure des écoles, Didier Floc’h, technicien de surface, Claire Colin, médecin, Laurent Douard, éducateur, Sophie Berhaut, secrétaire, Alain Boudry, peintre en bâtiment, Josiane Janvier, technicienne de surface, Emrick Tabard, serveur, Marie-France Chesnel, agent de service, Stéphane Nogues, sans profession, Sylviane Petit, employée du livre.

jean-christophe collet
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Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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