L’an passé, le nombre de plaintes avait explosé. Depuis le début de l’année 2026, c’est encore pire. 39 plaintes (plus une dizaine en cours de saisie) pour arnaque au faux conseiller bancaires ont été enregistrées dans la seule zone de police de Rennes.
« On ne comprend pas comment les gens continuent de se faire avoir… » À l’Hôtel de police de Rennes, la brigade financière n’en revient pas. Les arnaques au faux conseiller bancaire « sont devenues un fléau très préoccupant », selon les mots de la cheffe du service.
Le nombre de plaintes a plus que doublé par rapport à la même période l’an passé.
Faux conseiller au téléphone… et faux coursier à votre porte
« Les arnaqueurs vont de plus en plus loin. Ils arrivent parfois à vous convaincre de remettre votre carte bleue à un ‘coursier mandaté’ qui se présente chez vous. Soit-disant pour la détruire… », déplore la policière. « Nous avons déjà réussi à démasquer deux coursiers. Malheureusement il s’agit de petits intermédiaires, souvent très jeunes, payés quelques billets pour leurs méfaits et recrutés sur les réseaux sociaux », regrette-t-elle également.
Tout commence par un « faux » SMS
Comment les escrocs en savent-ils autant sur vous et sur vos comptes ? Comment font-ils pour parvenir à vous faire croire qu’ils sont bien de votre banque et là pour vous aider ? « La réponse est simple : chaque arnaque débute par ce fameux SMS de Antai (pour régler un PV), de Ameli (pour renouveler sa carte vitale) ou encore du livreur de colis qui n’arrive pas à accéder à votre boîte aux lettres », résume la cheffe de la brigade financière, boulevard de la Tour d’Auvergne.
« Si vous cliquez sur ce message frauduleux, ils entrent dans votre téléphone. Et plusieurs semaines, voire mois plus tard le coup de fil tombe », expliquent les enquêteurs. Faux conseiller et vraie arnaque. « Ils vont vous parler. Vous mettre la pression. Vous faire croire que seuls eux peuvent vous sauver. »
Peur, stress, précipitations : le cocktail est prêt. « Plusieurs victimes rennaises ont perdu ainsi des milliers d’euros. Elles ont agi sans réfléchir, comme hypnotisées », confirment les policiers. Plus de 20 000 euros de préjudices ont été enregistrés en 2026 dans la capitale bretonne et ses communes voisines.
Que faire ?
Si vous êtes victime, la première chose à faire est de porter plainte. « Lorsque les faits sont frais, il arrive parfois -mais rarement- que les banques puissent faire un ‘recall’, soit un rappel de la somme soustraite », se veut rassurante la cheffe de la brigade financière qui reste lucide : « Il est souvent trop tard ». En cas de faux coursier, la police dispose d’un mois pour récupérer les images de distributeurs de billets des alentours. « Passé ce délai, il nous est impossible de les retrouver ».
« Ne cliquez pas sur les liens de SMS ou d’emails vous demandant de l’argent. Vérifiez l’intitulé des expéditeurs. Mais surtout : lisez les messages officiels que vos banques écrivent en gros sur leurs sites… Jamais un conseiller ne vous appellera pour vous demander votre code secret et jamais un service de l’État ne vous fera payer via un SMS », martèlent les enquêteurs.


