Chaque jeudi de l’été, une visite originale invite les Rennais et les touristes à découvrir le cœur historique de Rennes à travers le prisme du street art. Une manière de regarder autrement des rues que l’on croit parfois connaître par cœur.
Quand les œuvres se fondent dans le décor
À Rennes, les visites consacrées au street art rencontrent un succès constant. Pour la saison estivale, le parcours a toutefois été repensé afin de se concentrer sur le centre-ville historique. Une adaptation pensée pour un public de visiteurs souvent de passage, mais aussi pour les habitants désireux de porter un regard neuf sur leur environnement.
« Nous avons beaucoup de touristes sur cette période, et cela leur permet de visiter le vieux Rennes sous un angle différent », explique Cécile Vautier, chargée de création de produits tourisme et loisirs à Destination Rennes.
L’objectif n’est pas seulement de découvrir des œuvres, mais aussi d’apprendre à observer la ville. « Elles s’intègrent tellement au paysage, ou sont devenues si habituelles pour les passants, qu’on n’y fait parfois pas attention », souligne la guide. Au fil de la balade, les participants sont ainsi invités à lever les yeux vers les façades, à explorer des passages discrets ou à s’attarder dans des recoins souvent ignorés. « Avec cette visite, on s’arrête là où on n’aurait jamais imaginé s’arrêter auparavant. On lève le nez encore plus haut, ou alors on observe des endroits inattendus », poursuit-elle.
Une galerie à ciel ouvert
La promenade permet également de mieux comprendre la diversité des formes que prend le street art dans la capitale bretonne. Rennes accueille aussi bien de grandes fresques murales que des mosaïques, des collages, des stickers ou encore des réalisations relevant du graffiti et du lettrage.
« La visite sera l’occasion de les passer en revue », indique Cécile Vautier. Les participants pourront notamment observer les célèbres mosaïques inspirées du jeu vidéo d’Invader, les créations en pixel art d’In The Woup ou encore les collages de l’artiste Oré. D’autres figures bien connues de la scène locale, comme War ou Mémé, jalonneront également le parcours.
La chasse aux stickers constitue souvent l’un des moments les plus appréciés. « J’aime particulièrement les rechercher avec les visiteurs, car ils se prêtent rapidement au jeu et se mettent à fouiner derrière chaque gouttière pour en trouver », sourit la guide.
Entre création et transgression
La visite ne se limite pas aux œuvres autorisées. Elle aborde également la question du street art illégal et des dégradations urbaines, un sujet qui nourrit depuis longtemps le débat public.
« C’est l’occasion de rappeler que, depuis Lascaux, l’homme a besoin de laisser une trace », observe Cécile Vautier. Une réflexion qui permet aussi d’évoquer les coûts et les contraintes que représentent certains actes de vandalisme pour les collectivités, contraintes de nettoyer ou de restaurer régulièrement l’espace public.
Au-delà des œuvres elles-mêmes, cette visite invite donc à mieux comprendre les multiples visages de l’art urbain et la place qu’il occupe aujourd’hui dans le paysage rennais.
Pratique : Chaque jeudi jusqu’au 3 septembre. Rendez-vous à 14h30 à l’Office de tourisme, 1 rue de Saint-Malo. Réservation obligatoire.


