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vendredi 20 mars 2026
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Hommage à Quentin : le préfet Robine muscle le dispositif pour éviter tout affrontement

Ce 20 février, le préfet d’Ille-et-Vilaine, Franck Robine, n’a pas levé le pied. Ce matin, il détaillait le plan de prévention contre les crues au canal Saint-Martin, aux côtés de la maire, Nathalie Appéré. Le soir, il était sur un tout autre sujet. Il tenait à anticiper les risques d’affrontement entre deux manifestations prévues ce samedi 21 février, dans le centre-ville de Rennes. 

À 11 heures, place de la République, un regroupement baptisé « Justice pour Quentin » doit rendre hommage à Quentin Deranque, 23 ans, décédé après une agression à Lyon en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan. L’appel est relayé notamment par l’influenceur Yovan Delourme, alias « Le Jarl ». « Ce sera un rassemblement statique », précise le préfet. Face à cet hommage, l’Assemblée générale antifasciste de Rennes appelle à un contre-rassemblement dès 10 h 30 sur Instagram. « Ne laissons pas un centimètre au fascisme », écrivent les militants sur les réseaux sociaux. Ce collectif annonce vouloir « empêcher la tenue de cette commémoration ». 

Entre les deux camps, les ingrédients d’une confrontation sont réunis, et les autorités le savent pertinemment. Pour éviter tout face-à-face, 130 policiers seront déployés dans le centre-ville, dont une compagnie de CRS. Des drones seront également utilisés pour surveiller les mouvements. « La liberté de manifestation est une liberté fondamentale de la République française. Il convient que cette liberté s’exerce dans le respect de l’ordre public », a ajouté le préfet. 

Place de la République, la préfecture a décidé de « sanctuariser » le site pour l’hommage. En revanche, les militants antifascistes pourront se rassembler, mais en dehors d’un périmètre strictement défini englobant quais et boulevards du centre-ville. « Nous nous sommes donné les moyens de réagir en cas de trouble à l’ordre public », assure Franck Robine. 

Maire de Rennes, Nathalie Appéré ne cache pas sa réserve dans un communiqué. Elle tacle le préfet. « Je regrette vivement la décision préfectorale de ne pas interdire cette manifestation », déclare-t-elle. « La famille de Quentin Deranque n’a cessé d’appeler au calme et à la retenue. Cet évènement est porté par un militant local mis en cause dans des affaires de violence et de violation du code de la sécurité intérieure. Notre pays a besoin de d’apaisement, pas de provocations susceptibles d’engendrer davantage de violences qui n’ont et n’auront jamais leur place dans une démocratie. »

Son opposant, Charles Compagnon, s’était déjà exprimé bien en amont. Il avait annoncé sa non-participation dans nos colonnes. « Une seule attitude doit nous guider : le respect », affirmait-il. « Notre responsabilité collective est d’éviter toute tension supplémentaire. La fermeté face à la violence est indispensable. Elle ne se décrète pas dans la rue sous les bannières des extrêmes ; elle se construit dans le respect de l’État de droit, par des décisions claires, constantes et responsables. Aujourd’hui, le temps est au recueillement. Au silence digne. À l’unité autour des principes essentiels : rejet absolu de toute violence, refus de toute radicalité, attachement indéfectible à la République et à l’État de droit. »

De leur côté, les militants antifascistes affirment leur « soutien inconditionnel aux camarades inculpés » à Lyon. Ils ciblent les organisateurs : le Jarl (voir son appel ce soir) et Adrien Simon, militant RN de Châteaugiron. « Quentin était un militant néo-nazi, ayant été dans les rangs de l’Action Française (groupe antisémite), de Luminis et fondateur de Allobroges Gus. (…) Nous voulons empêcher la tenue de cette commémoration, et ne laisser aucun espace aux fascistes et à leurs soutiens. » À Rennes, la journée de samedi risque d’être chaude. Entre hommage, contre-manifestation et dispositif policier massif, la ville est dans l’attente. Reste à savoir si les appels à la mobilisation seront suivis, en pleine période de vacances scolaires et si la capitale bretonne sera encore à la une de l’actualité nationale. 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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