Près de la station de métro Jules-Ferry, à Rennes, des silhouettes noires d’enfants ont fait leur apparition sur les murs des Archives. Cette œuvre de l’artiste Father Fucker, accompagnée de la phrase « À l’école le jour, à la rue la nuit », entend rendre visibles les dizaines d’enfants sans solution d’hébergement.
Elles marchent, cartable sur le dos. Certaines sont seules, d’autres accompagnées d’un adulte portant un bébé dans ses bras. Sur les murs des Archives, à proximité de la station Jules-Ferry, l’artiste Father Fucker a installé une série de silhouettes noires qui interpellent les passants. Au-dessus d’elles, une même phrase : « À l’école le jour, à la rue la nuit ».
L’œuvre entend rappeler la situation des enfants privés de toit à Rennes. Selon les chiffres communiqués à l’occasion de cette intervention, 78 enfants sont aujourd’hui sans toit dans la ville. Deux familles, soit sept enfants, sont mises à l’abri dans des écoles. Près de 150 personnes, dont 25 familles, dorment sous des tentes dans un parc rennais.
Father Fucker choisit ici des silhouettes à taille humaine pour sortir ces enfants de l’anonymat des statistiques. « Ce ne sont pas des statistiques. C’est une urgence », souligne le texte accompagnant l’intervention. Le contraste est volontairement saisissant. Ces silhouettes représentent des enfants allant à l’école, comme des milliers d’autres chaque matin. Mais quelques mots suffisent à rappeler ce qui les distingue : « À l’école le jour, à la rue la nuit ».


