Comme ailleurs dans la métropole rennaise, certaines défaites sont difficiles à encaisser à gauche et nourrissent rapidement les oppositions politiques. À Saint-Jacques-de-la-Lande, l’ancienne maire PS Marie Ducamin avait ainsi critiqué son successeur Sébastien Collet, après sa défaite. Elle lui reprochait son engagement dans la liste des Insoumis aux municipales de Rennes, en 2020. À Bruz, la contestation venue de la gauche prend une autre forme : elle vise directement les indemnités du nouveau maire, Jean-René Houssin.
Portée par Marie-Pierre Durand, la liste «Bruz avec vous» dénonce un niveau d’indemnisation jugé trop élevé sur les réseaux sociaux. Selon l’opposition, l’édile percevra 5 076,49 € bruts mensuels, un montant qui dépasse notamment celui observé dans certaines grandes villes (4 850,42 € pour Nathalie Appéré). Dans le mandat précédent revient régulièrement, l’ancien maire, Philippe Salmon, percevait environ 1 818 € bruts pour ses fonctions municipales, complétés par une indemnité distincte versée par Rennes Métropole. L’opposition avance aussi un argument réglementaire : « selon la valeur du point d’indice 2026, l’indemnité aurait dû s’élever à environ 3 699 € bruts ».
Au-delà du montant du maire, c’est la répartition globale qui cristallise les critiques. Les écarts sont marqués entre les différents élus : 5 076,49 € pour le maire, 1 219,59 € pour la première adjointe, 1 158,35 € pour les adjoints, 850,57 € pour le premier conseiller délégué, 361,70 € pour les conseillers délégués et 123,32 € pour les conseillers municipaux. «Ces différences représentent jusqu’à 42 fois l’indemnité d’un conseiller municipal. C’est considérabl », souligne la gauche locale, qui y voit « une concentration des moyens.»
Derrière cette controverse, c’est une vision du fonctionnement municipal qui s’oppose. «Le sujet n’est pas seulement le montant, mais ce qu’il dit de la répartition du pouvoir au sein de la majorité», avance l’opposition de gauche. Interrogé sur cette organisation lors d’un dernier conseil municipal, le maire aurait répondu : «je n’ai pas à me justifier.» Jean-René Houssin a été largement élu, dès le premier tour, avec 56,39 % des voix le 15 mars, prenant la tête de la quatrième commune du département.


