Plus de 25 000 logements ont été mis en chantier en Bretagne sur un an, soit une progression de 31 %. Réunis jeudi 15 octobre à Rennes, les acteurs régionaux de l’habitat ont dressé le bilan d’un secteur qui retrouve des couleurs, malgré des difficultés persistantes pour accéder au logement.
Après plusieurs années de tensions, le marché de la construction bretonne montre des signes de reprise. Selon les chiffres présentés lors du Comité régional de l’habitat et de l’hébergement (CRHH), réuni en préfecture à Rennes, plus de 25 000 logements ont été mis en chantier sur les douze derniers mois, à fin août 2026. Cette progression de 31 % constitue un signal encourageant dans une région où la pression immobilière complique l’installation de nombreux ménages.
Le logement social participe également à cette dynamique. En 2025, le financement de la construction de plus de 6 800 logements sociaux a été engagé. La Banque des territoires a, de son côté, accordé 965 millions d’euros de nouveaux prêts en Bretagne, soit une augmentation de 75 % par rapport à 2024. Un accord récemment signé avec l’Association régionale des organismes d’HLM de Bretagne prévoit également la rénovation énergétique de 2 500 logements sociaux.
La question du foncier demeure néanmoins centrale. L’Établissement public foncier de Bretagne intervient auprès des collectivités pour faciliter la réalisation de projets immobiliers et limiter l’envolée des prix des terrains. Autre préoccupation soulevée pendant cette réunion : les conséquences des difficultés de logement sur le recrutement des entreprises. Les travaux de Violette Mevel, chercheuse à l’université Rennes 2, ont notamment éclairé les liens entre l’accès à l’habitat et l’emploi.
Coprésidée par la préfète de Bretagne, Emmanuelle Dubée, et Mickaël Chevalier, président du club Décentralisation & Habitat, cette réunion a permis de rappeler les défis qui restent à relever. La préfète a insisté sur la mobilisation des dispositifs existants, tout en évoquant les perspectives ouvertes par le projet de loi consacré à la relance et à la décentralisation du logement. Car derrière la reprise des chantiers demeure une question essentielle : comment permettre aux Bretons de se loger à des prix compatibles avec leurs revenus ?


