À tout juste 16 ans, Alexandre Le Guen est déjà un nom bien connu dans le monde du roller artistique français. Originaire de Brest, ce jeune athlète a commencé sa carrière à seulement quatre ans, grâce à un heureux hasard familial. « Ma mère avait un garage et sponsorisait un gala. En y assistant, j’ai su tout de suite que c’était ça que je voulais faire », raconte-t-il. Depuis ce jour, il n’a jamais quitté les patins.
Installé à Rennes pour se rapprocher des meilleurs clubs français, Alexandre s’entraîne désormais avec le Roller Artistique Ille-et-Vilaine (R.A.I.V.), sous la houlette de Guillaume Modard. « Il est un super coach, notamment avec la World Skate games», précise le jeune sportif.
À son âge, Alexandre affiche déjà un palmarès solide : cinq fois champion de Bretagne, cinq fois champion de France. Il a aussi participé à trois coupes du monde. « Cette année, je vais concourir pour la première fois aux championnats du monde, à Pékin. Ce sera aussi ma troisième participation aux championnats d’Europe », dit-il avec une certaine fierté.
Engagé dans la catégorie junior, il sait que la compétition sera rude. « L’Italie, l’Espagne, le Portugal ou encore l’Argentine ont un système scolaire plus adapté pour les jeunes sportifs, ce qui leur permet de s’entraîner plus intensément. Mais je vais me battre avec mes propres armes. Je vais montrer ce que je sais faire », affirme-t-il avec détermination.
Ce qui plaît à Alexandre dans le roller artistique, c’est aussi cette solitude sur la piste. « Une fois en compétition, on est un peu tout seul à patiner. Personne ne peut vraiment nous aider. C’est un sport où il faut se dépasser à chaque fois », confie-t-il. Cette rigueur, il l’applique au jour le jour, avec plus de dix heures hebdomadaires. « Je m’entraîne tous les jours, environ 1 h 30 à 2 h, avec des doubles séances les mercredis, samedis et dimanches. »
Actuellement en terminale au lycée Sainte-Geneviève à Rennes, Alexandre jongle entre études classiques et entraînements intensifs. « Je n’ai pas d’horaires aménagés, je m’adapte en dehors des cours », explique-t-il. En cette fin d’année, son grand défi sera le championnat du monde à Pékin, du 17 au 31 octobre 2025. «Ce sera son premier séjour en Chine. J’escompte un top 10, qui sait ? », glisse-t-il.
Malgré son jeune âge, Alexandre incarne parfaitement l’ambition et la persévérance dans une discipline trop peu connue. Son parcours illustre la montée en puissance d’un sport encore discret, mais spectaculaire, exigeant, et artistique. Et nul doute qu’à Pékin, il patinera avec toute l’élégance et la passion qui font déjà de lui un espoir français à suivre de très près.



