Ce lundi 12 octobre 2026, à Saint-Jacques-de-la-Lande, VINCI Airports et ses partenaires ont dévoilé les futurs aménagements de la plateforme. Avec une nouvelle concession de vingt ans et près de 30 millions d’euros d’investissements évoqués pour les cinq premières années, le groupe entend reconquérir les voyageurs, améliorer les services et faire de l’aéroport un véritable pôle économique et énergétique. Au programme : nouvel accès, gare routière, parkings réorganisés, aérogare modernisée, centrale photovoltaïque et nouvelles activités économiques.
À compter du 1er janvier 2027, VINCI Airports, la Chambre de commerce et d’industrie d’Ille-et-Vilaine et SEALAR assureront l’exploitation des aéroports de Rennes et Dinard jusqu’en 2046. « Cette nouvelle concession marque le début d’un projet ambitieux pour la Bretagne », explique Rémi Maumon de Longevialle, directeur général de VINCI Airports. « Notre ambition sera de faire de Rennes et Dinard Bretagne des aéroports qui répondent aux besoins du territoire, pleinement engagés aux côtés des habitants et des entreprises pour renforcer l’attractivité de la Bretagne. »
Cette nouvelle concession doit permettre de moderniser les infrastructures et de répondre aux nouvelles attentes des voyageurs. Demain, l’accès principal sera réorienté vers le sud, afin de mettre davantage en valeur sa façade. « On a voulu redéfinir l’image de l’aéroport avec un accès qui se ferait plutôt vers le sud pour avoir la vision de cette belle façade de l’aérogare », explique Yannick Bouiller, directeur des aéroports de Rennes et Dinard. « Le projet prévoit un mail paysager, des cheminements piétons et cyclables, une réorganisation des parkings P1 et P2 et de nouveaux espaces de dépose-minute, également accessibles aux taxis.»
Une aérogare modernisée
Une gare routière doit également voir le jour à proximité de l’ancienne tour de contrôle. L’objectif est de faciliter les correspondances avec les transports collectifs et de rendre les déplacements plus simples. « On va permettre une accessibilité partout et pour tous les modes », assure Yannick Bouiller. Les parkings conserveront toutefois leur proximité avec l’aérogare. En complément, des ombrières, des bornes de recharge électrique et de nouveaux services de stationnement viendront compléter cette réorganisation. « L’aéroport dispose déjà de 70 points de recharge, auxquels d’autres doivent s’ajouter. »
À l’intérieur, VINCI Airports souhaite revoir entièrement le parcours des passagers. « On a repensé la totalité du parcours client, du début jusqu’à la fin. Du hall d’enregistrement jusqu’à la salle de livraison bagage », précise Yannick Bouiller. Des bornes automatiques faciliteront l’enregistrement, tandis que les contrôles de sûreté seront réorganisés pour réduire les attentes et améliorer la fluidité. L’objectif est notamment de consacrer davantage de place aux espaces d’embarquement, sans augmenter considérablement la surface du bâtiment.
Les salles d’embarquement seront rénovées, avec de nouveaux éclairages, plafonds et mobiliers. Les deux espaces actuels de livraison des bagages seront réunis afin d’améliorer leur capacité d’accueil, notamment lors des périodes de forte fréquentation. « On souhaite véritablement créer un véritable lieu de vie avec plus de confort, plus de modernité », résume le directeur. Les commerces seront également repensés, avec une boutique hors taxes traversante, une restauration modernisée, une terrasse couverte, des espaces destinés aux familles et un salon pour les voyageurs d’affaires. Un restaurant inclusif et solidaire figure également parmi les projets.
Près de 30 millions d’euros d’investissements sur cinq ans
Lors des échanges avec la presse, les responsables ont évoqué environ 30 millions d’euros d’investissements au cours des cinq premières années de la concession. Une part importante, de l’ordre de 23 millions d’euros, concerne les projets photovoltaïques. Le reste doit notamment contribuer à la réorganisation des espaces et à la modernisation des infrastructures. Le programme se veut progressif, avec des transformations engagées dès les premières années.
Ces investissements s’inscrivent dans une stratégie environnementale plus large. « Depuis 2016, l’aéroport a déjà réduit de moitié ses émissions directes de CO2 », a rappelé Rémi Maumon de Longevialle, directeur général de Vinci Airport. « Rennes vient d’obtenir le niveau 4 de la certification internationale Airport Carbon Accreditation. Notre ambition est désormais d’aller encore plus loin et on se fixe un nouvel objectif qui est d’atteindre le niveau 5 de cette même accréditation d’ici 2030. » C
Mais l’ambition de VINCI Airports est aussi commerciale. En 2025, Rennes a accueilli 512 000 voyageurs, un niveau encore éloigné du million de passagers autrefois évoqué. Interrogés lors de la conférence de presse, les responsables ont confirmé leur volonté de retrouver progressivement une fréquentation comprise entre 800 000 et un million de voyageurs. Les cinq premières années de la concession seront déterminantes pour relancer la dynamique.
Pour y parvenir, le groupe entend développer les liaisons aériennes et convaincre davantage de compagnies de desservir Rennes. L’annonce de deux nouvelles lignes easyJet vers Milan et Londres-Luton en 2027 constitue un premier signal. VINCI Airports souhaite également renforcer les correspondances avec les grandes plateformes européennes, notamment Amsterdam et Paris-Charles-de-Gaulle. « Notre mission est donc de renforcer l’offre de transport aérien de manière durable en privilégiant les liaisons transversales en France qui ne sont pas correctement traitées par le train », a expliqué Rémi Maumon de Longevialle.

Reste un obstacle majeur : la concurrence des autres aéroports et la fiscalité française. « Un passager au départ de l’aéroport de Barcelone payera 7 euros de taxes sur son billet. Un passager au départ de l’aéroport de Rennes payera 35 euros de taxes », a dénoncé le directeur général de VINCI Airports. Dans ce contexte, Rennes entend miser sur sa proximité avec les voyageurs, la rapidité des formalités et la qualité de ses services pour attirer les compagnies aériennes.
Le fret et les entreprises, autres atouts de Rennes
Le développement de l’aéroport ne reposera pas uniquement sur les passagers. Avec plus de 10 000 tonnes de marchandises transportées en 2025, Rennes figure au huitième rang des plateformes régionales françaises pour le fret. Cette activité représente un enjeu important pour les entreprises bretonnes et pour l’équilibre économique de la concession. Les responsables souhaitent consolider cette activité et identifier de nouvelles possibilités de développement, dans un marché où la concurrence dépasse largement les frontières régionales.
« Pour la Chambre de Commerce et d’Industrie, un aéroport régional est une infrastructure économique à part entière, une plateforme industrielle et logistique, un lieu d’implantation d’entreprises et un outil d’attractivité », souligne Jean-Philippe Crocq, président de la CCI d’Ille-et-Vilaine. La Chambre entend notamment renforcer la valorisation des terrains disponibles, attirer de nouvelles activités et accompagner les entreprises déjà implantées. L’objectif est de diversifier les recettes des plateformes, au-delà des seules activités aériennes commerciales.
« Notre ambition est simple : faire de Rennes et Dinard Bretagne des aéroports qui répondent aux besoins du territoire », insiste Rémi Maumon de Longevialle. Pour VINCI Airports, les cinq premières années seront donc déterminantes. Il faudra moderniser les infrastructures, développer les activités, convaincre les compagnies aériennes et maîtriser les coûts. Ce programme est ambitieux pour un aéroport qui veut retrouver sa place dans le paysage aérien régional, aux côtés de Brest, de Quimper et Dinard.





