Ils auraient pourtant pu venir à vélo ! Ce lundi 12 octobre 2026, à l’aéroport de Rennes-Saint-Jacques, les élus de la Ville de Rennes et de Rennes Métropole ont brillé par leur absence. Alors que la Région Bretagne et VINCI Airports dévoilaient leurs ambitions pour les prochaines années, aucun représentant politique de la capitale bretonne n’avait fait le déplacement. Tous étaient excusés. Seul le directeur du service économique avait répondu présent. Une absence remarquée, au moment où la Région pourtant à gauche affiche clairement sa volonté de développer une plateforme aéroportuaire.
L’occasion était pourtant belle de joindre le geste à la parole. Depuis le 3 octobre, un nouveau tronçon du Réseau express vélo (REV), long de 8,6 kilomètres, relie Rennes à Bruz, via Saint-Jacques-de-la-Lande. Il dessert notamment le parc des expositions, le campus de Ker Lann et… l’aéroport. Hier matin, les élus écologistes rennais auraient donc pu enfourcher leurs bicyclettes, rejoindre la cérémonie institutionnelle et démontrer, devant les représentants de VINCI Airports, les vertus des mobilités douces. Une belle opportunité de promouvoir les déplacements à vélo, jusque devant les portes d’un aéroport ! Mais ce lundi, les bicyclettes étaient aussi absentes que leurs propriétaires.
Cette défection collective a de quoi surprendre. La Région Bretagne et la ville de Rennes sont pourtant dirigées par des majorités de gauche, où les socialistes occupent une place centrale. Mais dans la capitale bretonne, les écologistes sont aussi des partenaires importants de la majorité municipale. Et à l’évidence, le développement du transport aérien ne figure pas parmi leurs priorités habituelles… Alors quoi penser ? Est-ce un simple concours de circonstances ou divergence politique que l’on préfère ne pas afficher ? Difficile de trancher. Officiellement, tous les élus rennais étaient excusés et aucun n’a invoqué une opposition au projet. Reste une image pour le moins étonnante : au moment où la Région présente l’avenir de l’aéroport de Rennes, les responsables politiques de la métropole ne sont pas là pour en débattre.
« Il n’y a pas de petits aéroports »
À la tribune, en revanche, Michaël Quernez n’a pas pratiqué la langue de bois. Le premier vice-président du conseil régional de Bretagne, chargé des mobilités, a défendu sans détour la stratégie aéroportuaire de la Bretagne. « Il n’y a pas de petits aéroports. Il y a des aéroports qui rendent des services », a-t-il lancé devant les représentants de VINCI Airports, de la Chambre de commerce et d’industrie d’Ille-et-Vilaine et les acteurs économiques. « Il y a des aéroports qui permettent la cohésion sociale et territoriale d’un certain nombre de territoires », a-t-il même ajouté.
Pour l’élu socialiste, les plateformes bretonnes ne se résument pas à des pistes et à des avions. Elles constituent aussi des outils d’aménagement du territoire, de développement économique et de maintien de services essentiels. « Nous avons en responsabilité le destin de quatre plateformes aéroportuaires en Bretagne : Brest, Quimper, Dinard et Rennes », a-t-il rappelé. « Chacune possède ses particularités, ses activités et son utilité pour le territoire.»
Michaël Quernez revendique d’ailleurs cette politique sans ambages. « Le Conseil régional de Bretagne a une stratégie régionale aéroportuaire ambitieuse et pas honteuse », a-t-il affirmé. Avant d’ajouter : « Nous sommes des élus qui assumons nos choix. » Propriétaire des aéroports de Rennes et Dinard, la Région a choisi de confier leur exploitation pour vingt ans au groupement réunissant VINCI Airports, la CCI d’Ille-et-Vilaine et SEALAR. Le nouveau contrat prendra effet le 1er janvier 2027.
L’enjeu est désormais de redonner des couleurs à Rennes-Saint-Jacques. Avec 512 000 passagers accueillis en 2025, l’aéroport reste en deçà des ambitions affichées. D’ici 2031, il espère atteindre entre 800 000 et un million de voyageurs. Pour y parvenir, la Région souhaite reconquérir les Bretons qui préfèrent aujourd’hui décoller de Nantes, notamment un potentiel de quelque 300 000 voyageurs. L’annonce de deux nouvelles liaisons easyJet vers Milan et Londres-Luton en 2027 constitue un premier signal. Reste à transformer ces ouvertures en fréquentation durable. « Ces cinq prochaines années sont stratégiques », a prévenu Michaël Quernez. En revanche, la Bretagne ne sera pas prête à financer le déficit opérationnel…


