D’après les éléments d’audience rapportés par RB et GF (PressPepper). La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a ordonné, ce vendredi 9 octobre 2026, la prolongation exceptionnelle de la détention provisoire d’un homme de 29 ans, accusé du viol de sa compagne. Son procès, initialement attendu avant le 23 octobre, ne pourra se tenir qu’en mars 2027. En cause : l’engorgement des juridictions criminelles, dont le stock de dossiers représenterait deux ans et demi d’activité.
À Rennes, la justice manque de temps pour juger les affaires criminelles. Ce vendredi 9 octobre, la chambre de l’instruction de la cour d’appel en a donné une nouvelle illustration. Elle a prolongé exceptionnellement la détention provisoire d’un manutentionnaire-cariste de 29 ans, renvoyé devant la cour criminelle départementale d’Ille-et-Vilaine pour le viol de sa compagne.
Incarcéré depuis le 19 février 2025, le jeune homme aurait normalement dû être jugé avant le 23 octobre 2026. Mais l’encombrement des juridictions criminelles ne permet pas de respecter cette échéance. À l’audience, l’avocate générale a évoqué un stock de dossiers en attente représentant « deux ans et demi d’activité ». Le procès est désormais prévu à la mi-mars 2027. Le parquet général avait donc demandé une prolongation exceptionnelle de six mois de sa détention provisoire. Une requête finalement acceptée par les magistrats, qui ont fixé la nouvelle échéance au 23 avril 2027.
Un accusé qui préfère rester en prison
L’affaire avait débuté en février 2025, après une tentative de suicide du jeune homme. Les investigations avaient alors révélé des violences sexuelles présumées au sein de son couple. Sa compagne aurait notamment été violée pendant son sommeil. Depuis cet épisode, les deux conjoints faisaient chambre à part. Le mis en cause a reconnu les faits au cours de la procédure. L’homme, qui travaillait à l’époque comme manutentionnaire-cariste dans un centre automobile rennais, a été renvoyé devant la cour criminelle départementale le 13 avril 2026. Il fait également l’objet d’une procédure distincte concernant d’autres faits de viol présumés sur d’anciennes compagnes et des mineurs. Ces accusations devront être examinées séparément par la justice.
Depuis son incarcération, le prévenu n’a jamais sollicité sa remise en liberté. Une attitude relativement inhabituelle qu’il explique par sa volonté de prévenir tout risque de récidive. À l’audience, les magistrats se sont également penchés sur son parcours personnel et psychiatrique. Victime d’abus sexuels durant son enfance, il a décrit des troubles anciens et des comportements sexuels compulsifs. Il a notamment évoqué une consommation problématique de pornographie et des difficultés rencontrées lors d’une hospitalisation au centre hospitalier Guillaume-Régnier. « J’ai appris que j’ai un trouble de la bipolarité », a-t-il expliqué aux juges, jeudi 8 octobre. Selon ses déclarations, son traitement médical et son cheminement personnel lui auraient permis de mieux maîtriser ses comportements. « Aujourd’hui, je me vois plus comme un homme que comme un monstre », a-t-il confié.
La défense ne s’oppose pas à son maintien en détention
À l’audience, l’avocate générale a demandé la prolongation de la détention provisoire pour plusieurs raisons : prévenir un éventuel renouvellement des faits, éviter des pressions sur les victimes et les témoins, mais aussi assurer la protection de l’accusé lui-même. Son avocat, Me Stéphane Bernhard, ne s’est pas opposé au principe de cette prolongation. Il a toutefois tenu à souligner le chemin parcouru par son client depuis son incarcération, évoquant « un réel travail » sur lui-même. La chambre de l’instruction a finalement suivi les réquisitions du parquet général. Le jeune homme restera donc détenu dans l’attente de son procès, prévu en mars prochain.


