Le tribunal de Rennes jugeait aujourd’hui en comparution immédiate un homme de 56 ans, résidant à Thorigné-Fouillard, pour des faits de harcèlement sexuel sur un homme vulnérable et de corruption de mineur, dans la commune. Le prévenu dit agir « poussé par le Diable ».
« Je ne m’attendais pas à ce que cette audience prenne une tournure théologique et sataniste », lâche le juge François Lavallière après avoir écouté les explications longues et alambiquées du prévenu face à lui. Et pour cause : l’homme, à qui l’on reproche d’avoir harcelé sexuellement un voisin handicapé et d’avoir tenu des propos à teneur sexuelle et pornographique à un enfant de 12 ans, se défend en mettant le Diable en cause.
« Le Diable est dans mes pensées. C’est lui qui nous met à tous des choses dans la tête », explique-t-il, encadré par deux fonctionnaires de l’administration pénitentiaire. Sauf que les faits pour lesquels il comparaît sont graves.
Entre janvier et février 2026, il a harcelé sexuellement son voisin handicapé en lui proposant à maintes reprises de s’adonner au sexe dans les WC publics de la commune de Thorigné-Fouillard, dans les bois, voire même à un arrêt de bus. Il a ensuite tenu des propos extrêmement tendancieux à un jeune garçon de 12 ans, dans le car qui le ramenait de son entraînement de boxe. Pris de panique, l’enfant était parvenu à prendre la fuite et avait immédiatement prévenu sa mère.
Également inquiété pour quatre autres affaires d’agressions sexuelles sur mineurs à Thorigné — et criminelles cette fois-ci — il accuse encore Satan. « Il me parle. Il me force. C’est comme quand je bois trop ou que je parle mal à ma femme : c’est lui qui me dit », s’évertue-t-il à répéter à la barre.
La religion comme seul repère ?
Le profil psychologique du prévenu est sans appel : illettré et sans aucune éducation lors de son enfance dans une fratrie de six enfants dans la communauté des gens du voyage, son rapport au bien et au mal du point de vue de la loi est limité. « Il est guidé par la religion. Le bien, c’est Dieu. Le mal, c’est le Diable. Il le croit vraiment. Je ne pense pas qu’il ait élaboré cette stratégie dans le but de se dédouaner. Il n’en est pas intellectuellement capable », assure Maître Pacheu, son avocat, qui rappelle que lors d’auditions passées, son client avait déjà évoqué ces voix malignes.
Un jugement sévère et ferme
Lors de son délibéré, le tribunal a dû faire la part des choses, et ne juger le Thoré-Folléen à la lumière de ces deux faits, sans se laisser influencer par les autres affaires judiciaires qui le rattraperont de toute façon bientôt.
La justice française n’ayant que faire de la justice divine, le tribunal a prononcé une peine de deux ans ferme, avec maintien en détention. À sa sortie, le prévenu sera contraint à un suivi socio-judiciaire de cinq ans pendant lequel il devra se soigner et aura interdiction d’entrer en contact avec les victimes ainsi que n’importe quel mineur. Son inscription au fichier national des auteurs d’infractions sexuelles a été ordonnée, tout comme le bannissement à vie de la ville de Thorigné-Fouillard.
« Le curateur aura ainsi deux ans pour vous trouver un nouveau logement. Car ce n’est pas aux habitants de la commune, et encore moins aux enfants, d’avoir peur de vous croiser dans la rue », lui a signifié le juge.


