La distribution des plis électoraux reste fortement perturbée en Ille-et-Vilaine. Ce jeudi 12 mars 2026, la grève se poursuit dans plusieurs bureaux du département, notamment au centre de distribution Rennes Colombier, le plus important de Bretagne. Selon le syndicat SUD-PTT, les plis électoraux s’accumulent dans les centres de tri alors que le premier tour des élections municipales approche à grands pas. La situation affecterait notamment la distribution d’imprimés commerciaux et une partie du courrier classique, certains envois restant « en rade dans les bacs » dans plusieurs villes du département.
Pour le syndicat, la responsabilité de cette situation incombe à la direction de La Poste, accusée de refuser toute négociation sur la rémunération du travail supplémentaire lié à la distribution des documents électoraux. « Nous n’accepterons plus d’effectuer du travail supplémentaire gratuitement », affirme Arnaud Bordier, délégué syndical central de SUD-PTT 35. Pour rappel, La Poste aurait perçu plus de 50 millions d’euros pour l’organisation de cette distribution au niveau national et réclame notamment « 400 euros par tour d’élection pour les postiers participant au tri et à la distribution », ainsi qu’une distribution reposant sur le volontariat. Faute d’accord, SUD-PTT annonce avoir déposé des préavis de grève quotidiens et prévient que le mouvement pourrait se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine.
La grève des facteurs a également suscité des réactions politiques dans le contexte des municipales rennaises. Dans un communiqué, Sandra Chirazi, candidate de Lutte ouvrière à Rennes, a apporté son soutien au mouvement social. « La direction de La Poste a elle-même provoqué cette situation », estime-t-elle. Pour elle, il n’est pas normal de refuser de rémunérer ce travail supplémentaire alors que l’entreprise percevrait des fonds publics pour la distribution des plis électoraux. « Vouloir gratifier les facteurs d’un sandwich ou d’une viennoiserie est une honte », ajoute la candidate, qui appelle les travailleurs à « compter sur leur propre force collective » pour défendre leurs salaires et leurs conditions de travail.
La distribution des plis électoraux (professions de foi et bulletins envoyés aux électeurs) est une étape essentielle pour garantir l’information des citoyens et la sincérité du scrutin. En France, cette mission est généralement confiée à La Poste dans le cadre d’un marché public passé avec l’État. Si une menace de non-distribution apparaît, la préfecture, qui représente l’État dans le département et supervise l’organisation matérielle des élections, peut intervenir. Elle peut mettre en demeure l’opérateur de remplir ses obligations, appliquer des pénalités contractuelles ou mobiliser d’autres moyens logistiques pour assurer la distribution. Dans des circonstances exceptionnelles, le préfet dispose également d’un pouvoir de réquisition pour garantir un service indispensable au bon déroulement de l’élection. L’objectif reste toujours le même : permettre à chaque électeur d’être informé et préserver la régularité du vote.


