RENNES, 6 novembre 2026 (PressPepper) L’affaire avait fait grand bruit, en juillet dernier, dans le quartier de Bréquigny, à Rennes. Une femme avait été retrouvée grièvement blessée au pied d’un immeuble du square des Hautes-Chalais. Son compagnon, soupçonné de l’avoir poussée du troisième étage, avait été incarcéré deux jours plus tard. Ce vendredi 6 novembre, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a refusé sa remise en liberté, malgré ses propositions pour échapper à la détention.
Ce matin du 15 juillet 2026, vers 9 h 40, des agents municipaux font une découverte particulièrement inquiétante au pied du 49, square des Hautes-Chalais (notre photo). Une femme gît sur le sol, en sous-vêtements, une corde attachée au poignet. Elle est immédiatement transportée en urgence absolue à l’hôpital. Alertés, les policiers se rendent sur les lieux. Dans l’appartement du troisième étage, ils découvrent des objets brisés jonchant le sol, des traces de lutte visibles et une cordelette dans le salon.
Une dispute sur fond de jalousie
Depuis plusieurs mois, les relations avec son compagnon, un agent d’entretien de 28 ans, étaient devenues conflictuelles. L’homme lui reprochait notamment d’en fréquenter un autre en région parisienne. Le matin du drame, il était venu la chercher chez des amis avant de la ramener à leur domicile. Là, son compagnon lui demandait de se déshabiller, puis la giflait en lui montrant une photographie publiée sur TikTok, où elle apparaissait avec cet autre homme. Il lui faisait alors une clé de bras pour s’emparer de son téléphone et aurait ensuite tenté de l’attacher. Pour lui échapper, elle se réfugiait alors sur le balcon et appelait au secours. C’est à cet instant qu’il l’aurait poussée dans le vide.
Depuis le début de cette affaire, le compagnon conteste cette dernière accusation. S’il reconnaît les violences commises avant la chute, la jeune femme a selon lui simplement perdu l’équilibre. Il aurait alors tenté de la retenir, sans succès. Toutefois, ses déclarations n’empêchaient pas sa mise en examen pour tentative de meurtre par conjoint et son placement en détention provisoire, le 17 juillet.
Près de quatre mois plus tard, ce jeudi 5 novembre, le jeune homme comparaissait devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes. Cette fois, il n’était pas question de juger sa culpabilité, mais de déterminer s’il pouvait attendre la suite de l’enquête hors de prison. Devant les magistrats, l’homme de 28 ans a décrit ses conditions de détention à la prison de Vezin-le-Coquet. « Ce que je suis en train de vivre, c’est vraiment compliqué… Là-bas, on est traités comme des numéros », confie-t-il.
Père de trois enfants, le prévenu a expliqué vouloir retrouver sa famille et reprendre son activité professionnelle. Pour obtenir sa liberté, il s’est dit « prêt » à se « soumettre à tout ». Son avocate, Me Lucie Marchix, a insisté sur les garanties présentées par son client. Malgré son incarcération, son employeur n’a pas rompu son contrat de travail. Il le considère même comme un « excellent élément » et lui apporte un « très fort soutien ». La défense propose également un éloignement de Rennes. Le mis en examen pourrait s’installer chez un ami, près de Nantes, tout en poursuivant son activité professionnelle.
Des pressions présumées sur la victime
Mais un élément du dossier a pesé lourdement dans les débats. Alors qu’elle se trouvait encore à l’hôpital, la victime aurait subi des pressions de la part de l’entourage du mis en cause. Pour l’avocat général, le risque de nouvelles pressions demeure trop important pour envisager une remise en liberté. Le maintien en détention constitue, selon lui, « la seule mesure permettant de répondre » aux impératifs qu’il a relevés.
Le passé du jeune homme a été également évoqué à l’audience. En 2022, il avait fait l’objet d’une composition pénale pour des violences commises sur une précédente compagne. La chambre de l’instruction a suivi finalement les réquisitions de l’avocat général. Dans sa décision rendue ce vendredi 6 novembre, elle a ordonné le maintien en détention provisoire du jeune homme. L’agent d’entretien de 28 ans reste donc incarcéré à Vezin-le-Coquet, dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire. Il demeure présumé innocent des faits de tentative de meurtre qui lui sont reprochés.


