RENNES, 4 novembre 2026 (PressPepper). À seulement 15 ans, un adolescent vient d’être condamné à neuf ans de prison par le tribunal pour enfants criminel de Rennes. Jugé les 3 et 4 novembre 2026, il est reconnu coupable de deux viols et d’une agression sexuelle commis entre juin et septembre 2025, à Rennes et Chantepie. Le parquet avait requis treize ans d’emprisonnement.
L’affaire débute dans la nuit du 13 septembre 2025. Une jeune femme se présente au commissariat de Rennes pour dénoncer un viol survenu alors qu’elle rentrait chez elle. Son agresseur l’a également menacée avec une arme pour lui soutirer de l’argent avant de la laisser partir. Rapidement, les investigations conduisent les policiers jusqu’à un adolescent de 14 ans au moment des faits. Lors d’une perquisition à son domicile, les enquêteurs découvrent une arme ainsi que les vêtements qu’il portait lors de l’agression. Son ADN est également retrouvé dans des régurgitations de la victime, qui contiennent des spermatozoïdes.
Après la médiatisation de cette affaire, deux autres jeunes femmes dénoncent des faits similaires. La première, âgée de 15 ans, raconte avoir été violée sous la menace d’un couteau le 21 juin 2025, soir de la Fête de la musique, alors qu’elle prenait le bus en direction de Chantepie. Si elle ne porte pas immédiatement plainte, elle évoque toutefois son agression sur Snapchat auprès de proches, mais aussi auprès de son agresseur, qui lui a donné un faux prénom.
Quant à elle, la seconde victime signale une agression sexuelle remontant au 25 août 2025, au cours de laquelle, elle a réussi à photographier son agresseur présumé. Sur le téléphone de l’adolescent, les policiers retrouveront d’ailleurs des images le montrant sur une trottinette électrique, à proximité des lieux, avec des vêtements similaires à ceux visibles sur le cliché de la jeune fille.
Une dangerosité jugée « réelle »
Placé en détention provisoire le 20 septembre 2025, le jeune homme reconnaît finalement les faits du 13 septembre, mais conteste les deux autres agressions. Selon lui, les victimes ont pu « se tromper de personne ». Ces dénégations n’avaient pas convaincu le juge d’instruction, qui avait estimé les charges suffisantes pour le renvoyer devant le tribunal pour enfants criminel.
Au cours de l’enquête, une expertise psychiatrique avait conclu à une dangerosité « réelle », malgré un casier judiciaire jusque-là vierge. Le spécialiste n’avait toutefois relevé aucune altération ni abolition de son discernement au moment des faits. Le parcours personnel du jeune homme avait également été examiné. Passionné de football, déscolarisé et sans brevet des collèges, il avait été confié à l’Aide sociale à l’enfance dès sa naissance, dans un contexte de violences familiales, et pris en charge jusqu’à ses 8 ans.
En détention, son comportement n’a pas laissé indifférent les enquêteurs. Des relations qualifiées de « complexes » avec le personnel féminin de la prison de Vezin-le-Coquet ont notamment relevées. Durant les deux jours de procès, qui se sont déroulés à huis clos, son avocat, Me Arnaud Le Bourdais, a insisté sur les « failles » de l’Aide sociale à l’enfance dans le suivi de son client. Mais le tribunal a retenu sa culpabilité pour l’ensemble des faits reprochés. Ce mercredi 4 novembre, il l’a condamné à neuf ans de prison, soit quatre ans de moins que les réquisitions du parquet.


