Le dialogue se durcit entre le collectif des commerçants, artisans et travailleurs indépendants de Rennes et la municipalité de Rennes. Après trois rencontres depuis les violences survenues le 17 octobre dernier, ses porte-parole, Marie Beucher et Sophie Juban, réclament un véritable plan de sauvetage. « Ce jeudi matin, la ville de Rennes ne nous a pas reçus pour négocier. Elle nous a reçus pour nous annoncer des mesures définitives, non négociables, et en recul par rapport aux engagements pris oralement vendredi et lundi », affirment Marie Beucher et Sophie Juban, ce soir, dans un communiqué.
La première heure de stationnement sera offerte dans les douze parkings en ouvrage C-Park
Avant de rencontrer les élus, les commerçants attendaient six samedis de gratuité des transports et des parkings. La collectivité en annonce finalement quatre, les 28 novembre, 5, 12 et 19 décembre, sur l’ensemble du réseau STAR. L’exonération des droits de terrasse, évoquée lors des précédents échanges, devient quant à elle une simple « diminution » envisagée dans le budget 2027, sans montant ni calendrier précis. « Le compte n’y est pas », déplore le collectif.
Contre les «demi-mesurettes», les commerçants demandent un dispositif immédiat. Ils ne veulent pas d’une aide dépendante d’un hypothétique retour à l’apaisement. « On ne lance pas la bouée de sauvetage une fois le naufragé arrivé sur la plage », écrivent les deux porte-parole. Au-delà, la colère porte sur un dernier rendez-vous où des représentants du collectif affirment avoir entendu qu’ils n’étaient « pas à plaindre » et qu’ils pouvaient « taper dans [leurs] dividendes ». « De quels dividendes nous parle-t-on ? Aujourd’hui, la plupart des commerçants rennais ne se versent pas un euro. Certains ne peuvent plus payer leurs salariés ni leur loyer depuis deux mois », s’emportent Marie Beucher et Sophie Juban.
Dans le détail, le collectif réclame un fonds exceptionnel de compensation de l’État, des exonérations de CFE (cotisation foncière des entreprises), de TLPE (taxe locale sur la publicité extérieure) et de redevances, la gratuité des transports chaque week-end jusqu’à la fin de l’année, deux heures de stationnement offertes, une campagne de communication chiffrée et un plan de continuité de l’activité si les mouvements sociaux se prolongent. La Ville, elle, assure vouloir soutenir l’activité commerciale avant les fêtes, avec les transports gratuits, le stationnement facilité, une campagne pour le commerce local, davantage d’animations et une baisse à venir des droits de terrasse pour les établissements les plus touchés. Mais pour les signataires du communiqué, le fossé demeure. « Le combat continue. D’autres actions viendront. »


