10.9 C
Rennes
dimanche 1 novembre 2026
AccueilActualitésFrac Bretagne : la justice annule la révocation de son ex-directeur et...

Frac Bretagne : la justice annule la révocation de son ex-directeur et ordonne sa réintégration

Coup de théâtre au Frac Bretagne. Près de six mois après sa révocation pour faute grave, l’ex-directeur obtient gain de cause devant le tribunal administratif de Rennes. Dans un jugement rendu le 30 octobre 2026, les magistrats annulent la décision du conseil d’administration et ordonnent sa réintégration (contrairement au juge des référés, il y a quelques mois). En cause : une sanction insuffisamment justifiée.

Le 4 mai dernier, le conseil d’administration du Fonds régional d’art contemporain (Frac) Bretagne avait décidé de révoquer son directeur, après plusieurs mois de tensions. Cette décision faisait suite à des accusations apparues notamment sur le compte Instagram #MeTooArtContemporain et à une enquête confiée au groupe Égaé, spécialisé dans la prévention des violences sexistes et sexuelles. Deux rapports avaient été produits, l’un à la suite de cette enquête interne, l’autre dans le cadre de la procédure disciplinaire.  « La nature, le nombre et la gravité des agissements rapportés » rendaient impossible le maintien du directeur à son poste, estimait le conseil d’administration. Étienne Bernard avait toujours fermement contesté les faits reprochés.

Mais le tribunal administratif de Rennes vient de donner tort au Frac Bretagne. Dans leur jugement du 30 octobre, les magistrats estiment que le conseil d’administration n’a pas suffisamment justifié sa décision. Certes, deux rapports, celui du groupe Égaé et un rapport disciplinaire daté du 3 avril 2026, avaient été joints à la notification de la révocation. Mais cela ne suffisait pas. Selon les juges, « la simple mention de la liste des catégories de faits sanctionnés » ne permettait ni de connaître précisément les fautes graves retenues contre l’ex-directeur, ni de savoir si le conseil d’administration avait fait siennes toutes les conclusions des deux rapports, « lesquels divergent sur certains points ».

C’est précisément cette incertitude qui a conduit le tribunal à annuler la révocation. Les magistrats considèrent que le Frac Bretagne n’a pas indiqué assez clairement les faits sur lesquels reposait sa sanction. Sans se prononcer sur la réalité des accusations, ils ordonnent la réintégration d’Étienne Bernard, avec effet rétroactif au 1er juin 2026, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. « Après plusieurs mois éprouvants où ma probité et ma réputation ont été mises à mal, j’accueille cette décision avec un profond soulagement », déclare l’intéressé sur LinkedIn.

« J’ai toujours réfuté avec la plus grande fermeté les accusations dont j’ai fait l’objet. » À la tête de l’institution depuis 2019, il rappelle avoir exercé ses fonctions avec passion, au service des artistes, des publics et du rayonnement du Frac Bretagne. Il se dit également fier du travail accompli depuis sept ans avec les équipes et les partenaires de l’établissement. Reste maintenant à organiser son retour dans une institution profondément marquée par cette affaire. « Cette décision claire du Tribunal me permet d’aborder sereinement la reprise de mon activité professionnelle », assure Étienne Bernard. Il souhaite désormais « retrouver les conditions d’un dialogue apaisé pour envisager la suite dans l’intérêt de toutes les personnes concernées ». La direction par intérim du Frac Bretagne avait été confiée à sa secrétaire générale, Cécile Leroux. Ce jugement ouvre donc une nouvelle période d’incertitude pour l’établissement culturel rennais. Le conseil d’administration devra déterminer les suites à donner à cette décision de justice.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

// Dernières nouvelles publiées

 Les étudiants en cinéma de l’ESRA vont pouvoir tourner des documentaires en Chine

L'École supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA), présente notamment à Rennes, a signé un partenariat avec la Communication University of China, à Pékin. Cet accord,...
- Advertisement -
- Advertisement -

// Ces articles peuvent vous intéresser