À Rennes et en Ille-et-Vilaine, la politique ne connaît décidément pas de répit. Entre les absences remarquées, les communiqués indignés, les batailles autour des cantines et les ambitions présidentielles, les élus et les partis alimentent les conversations. Petit tour d’horizon des dernières nouvelles politiques du département.
Nathalie Appéré, grande absente du dossier des commerçants. Depuis les violences du 17 octobre et les saccages de commerces dans le centre-ville de Rennes, Nathalie Appéré se fait bien discrète. À l’exception de quelques publications sur Facebook, la maire de Rennes semble avoir pris ses distances avec ce dossier. Elle n’a pas participé au rassemblement organisé devant l’hôtel de ville en soutien aux commerçants, pas davantage qu’à la réunion organisée en préfecture au lendemain des dégradations. Selon nos informations, elle n’a pas non plus rencontré la directrice départementale de la police nationale depuis son arrivée dans la capitale bretonne. Une discrétion qui interroge, alors que les professionnels attendent des réponses concrètes. La maire semble préférer rester au-dessus de la mêlée, au sens propre comme au figuré. Il est vrai que son électorat n’est peut-être pas là. Sauf qu’elle aurait également perdu ses soutiens au sein de la jeunesse de gauche…plutôt insoumise dans les défilés.
Nathalie Appéré aux côtés des étudiants gazaouis. Plus discrète sur le dossier des commerces, Nathalie Appéré s’est en revanche affichée aux côtés d’étudiants gazaouis accueillis à l’Université de Rennes pour cette rentrée universitaire. Sur ses réseaux sociaux, il y a quelques jours, la maire évoque des « échanges riches et émouvants » avec ces jeunes arrivés grâce au réseau « Migrants dans l’enseignement supérieur ». Rennes Métropole participe à leur accueil, notamment par la fourniture de kits d’installation et la mise à disposition de chambres d’hôtel. Un accompagnement qui, reconnaît l’élue, « n’efface évidemment pas le traumatisme et la souffrance » liés à la guerre. Sur ce dossier, la maire de Rennes a choisi de se montrer…aux côtés des étudiants.
Charles Compagnon avait répondu à l’appel. Le 19 octobre, au lendemain d’un week-end marqué par des violences et des dégradations, l’Association des maires de France (AMF) appelait à des rassemblements devant les hôtels de ville. Objectif : manifester la solidarité des élus avec les habitants, les commerçants et les communes touchés. À Rennes, Charles Compagnon, opposant à Nathalie Appéré, avait immédiatement annoncé sa participation. « Pour ma part, j’y serai à 12 h », écrivait-il sur ses réseaux sociaux. L’AMF dénonçait alors des attaques contre les institutions publiques et les libertés des Français. Charles Compagnon entendait ainsi afficher son soutien aux commerçants éprouvés par les événements. Une manière aussi de marquer sa différence avec la maire de Rennes.
Marie Mesmeur ne digère pas le menu d’Orgères. À Orgères, le maire, Yannick Cochaud, a décidé de supprimer les plats de substitution sans porc et sans viande. Toutefois, il est revenu sur la suppression des repas adaptés aux enfants allergiques. Une décision qui fait bondir la députée insoumise Marie Mesmeur. Selon elle, près de 200 enfants seraient concernés chaque midi. « Ni manger sans porc, ni manger végétarien ne devrait être un motif d’exclusion », dénonce-t-elle. Une mère d’élève a lancé une pétition ayant déjà recueilli plus de 300 signatures. La parlementaire réclame le rétablissement des menus alternatifs. La politique a toujours une sacrée cuisine!
Gilles Pennelle, toujours dans les petits papiers du RN. Lors du XIXe congrès du Rassemblement national, organisé à Orléans le 24 octobre, Gilles Pennelle a été réélu au Conseil national du parti et reconduit au Bureau national par Jordan Bardella. Malgré les difficultés rencontrées par le passé, le député européen breton conserve ainsi une place dans les instances nationales du RN. Une manière, peut-être, pour Jordan Bardella de récompenser sa fidélité et l’ensemble de son engagement politique. Gilles Pennelle avait toutefois perdu son siège au Bureau exécutif, le cercle le plus restreint de la direction, après les législatives de 2024, lorsque son fameux « plan Matignon » avait été fragilisé par plusieurs investitures controversées.
Le RN monte au créneau pour les clubs de football. Une dizaine de clubs de football auraient été victimes de dégradations entre Rennes et Redon. De quoi provoquer la colère de trois responsables du Rassemblement national : les députés européens Aleksandar Nikolic et Gilles Pennelle, ainsi qu’Elouan Racineux, conseiller municipal à Guichen. Dans un communiqué commun, ils dénoncent des attaques contre le bénévolat et reprochent à certains élus de gauche de minimiser la délinquance en milieu rural. Les trois responsables réclament des sanctions et la réparation des dégâts par leurs auteurs. Pour eux, la sécurité doit aussi devenir une priorité dans les petites communes. Allez, tout le monde au ballon!
David Lisnard fait le plein en Ille-et-Vilaine. Il n’y a pas que le Rassemblement national qui compte ses troupes. Nouvelle Énergie, le mouvement de David Lisnard, maire de Cannes, annonce avoir franchi la barre des 1 000 adhérents en Ille-et-Vilaine. Début octobre, ils n’étaient encore que 500. « Nous nous étions donnés jusqu’au 31 décembre. Il nous aura fallu à peine trois semaines », se félicite Victor Roulet, relais départemental du mouvement. Des équipes se structurent de Saint-Malo à Redon, en passant par Bruz et le pays de Vitré. Une réunion de formation est annoncée début novembre. À l’approche de 2027, les ambitions présidentielles de David Lisnard semblent trouver quelques relais en terre bretonne.
Marie Mesmeur voit rouge face à la préfecture. Entre Marie Mesmeur et les autorités, les relations ne risquent pas de s’améliorer. Dans deux communiqués successifs, les 23 et 24 octobre, la députée insoumise a dénoncé les restrictions imposées aux manifestations rennaises. Elle parle d’une « grave bascule autoritaire » et accuse le gouvernement de répondre à la contestation sociale par la répression. La parlementaire critique notamment les méthodes de maintien de l’ordre employées le 17 octobre et les interdictions décidées pour le 24 octobre. « Le droit de manifester n’est pas une faveur du pouvoir », rappelle-t-elle. Pour l’élue, la défense des libertés publiques passe désormais avant toute autre considération. Le bras de fer avec la préfecture continue dans un contexte d’élection présidentielle.
La Ligue des droits de l’homme sort les griffes. La section rennaise de la Ligue des droits de l’homme n’a pas davantage apprécié les restrictions préfectorales. Dans un communiqué du 23 octobre, elle estime que la liberté de manifester est « bafouée, à Rennes comme ailleurs ». L’association reproche notamment aux autorités d’avoir refusé le parcours proposé par Solidaires 35, qui évitait le centre historique. Elle envisageait alors un recours juridique en urgence contre un arrêté qualifié de « liberticide ». La LDH rappelle que les forces de l’ordre doivent aussi garantir l’exercice des libertés publiques. Qu’en pensent nos commerçants ?


