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Rennes-Paris : un sanglier, un bloc de béton et neuf heures de galère dans un Ouigo

Il fallait avoir les nerfs solides pour voyager entre Rennes et Paris dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 octobre 2026. Quelque 400 passagers d’un Ouigo classique ont vécu une succession d’incidents pour le moins improbables. Après avoir percuté un sanglier, leur train a été immobilisé une seconde fois par des blocs de béton tombés sur les voies. Résultat : une nuit presque blanche, un voyage de plus de neuf heures et une mésaventure qui a fait l’ouverture du journal télévisé de TF1.

Dimanche 25 octobre 2026, les quelque 400 voyageurs d’un Ouigo classique quittent la gare de Rennes à 19 h 18. Leur arrivée à Paris-Austerlitz est prévue un peu après 23 heures. À cette heure-là, beaucoup espèrent encore rentrer chez eux et retrouver leur lit. Mais le programme va sérieusement dérailler. À 21 h 49, après le passage en gare de Chartres, le train percute un sanglier à hauteur de Jouy, en Eure-et-Loir. Le choc endommage l’avant de la locomotive. Impossible de poursuivre le voyage sans intervention technique. Le convoi reste immobilisé et les minutes commencent à s’accumuler. Puis les heures.

À bord, les passagers prennent leur mal en patience. Certains préviennent leurs proches qu’ils arriveront beaucoup plus tard que prévu. D’autres commencent à s’inquiéter de la durée de l’attente. Sur les réseaux sociaux, un voyageur raconte la situation : « On a tapé un sanglier, ça fait deux heures qu’on est en train d’attendre. » Finalement, les équipes ferroviaires interviennent pour réparer les dégâts. L’opération est délicate, mais la locomotive peut finalement reprendre du service vers 3 heures du matin. Après plusieurs heures d’immobilisation, les voyageurs pensent enfin pouvoir rejoindre la capitale. Leur soulagement sera de courte durée.

Mais un deuxième obstacle, quelques minutes après le redémarrage, va entamer leur moral.  À hauteur de Rambouillet, dans les Yvelines, un accident de la route vient de provoquer un nouvel incident sur la ligne ferroviaire. Entre Les Essarts-le-Roi et Le Perray-en-Yvelines, une voiture a percuté le parapet d’un pont surplombant les voies. Des blocs de béton armé sont tombés sur la ligne, empêchant toute circulation. Le train doit de nouveau s’arrêter. Pour les passagers, déjà éprouvés par plusieurs heures d’attente, cette seconde immobilisation est particulièrement difficile à vivre. Il est désormais certain que le convoi n’atteindra pas Paris dans les conditions initialement prévues.

« On a eu un peu l’impression qu’on s’en sortira jamais », confie le journaliste de TF1, au nom prédestiné Guillaume… Pépin..

La situation nécessite finalement une organisation exceptionnelle. Puisque le train ne peut plus poursuivre son parcours, la SNCF met en place des solutions de remplacement. Des cars sont affrétés pour transporter les voyageurs jusqu’à leur destination. D’autres préfèrent terminer le trajet en taxi ou en VTC. La Croix-Rouge intervient également à Rambouillet pour distribuer des boissons chaudes. Les premiers passagers parviennent à rejoindre Paris peu après 5 heures du matin. Mais leur train, lui, n’arrivera pas à destination avec ses voyageurs.

Face à cette accumulation d’incidents, SNCF Voyageurs a annoncé plusieurs mesures commerciales. Les quelque 400 passagers bénéficieront d’un remboursement intégral de leur billet, auquel s’ajoutera un bon d’achat d’une valeur équivalente. Ceux qui ont dû payer un taxi ou un VTC pour terminer leur voyage pourront également être remboursés, dans la limite de 70 euros.

Si l’enchaînement des deux incidents apparaît exceptionnel, les collisions entre trains et animaux sauvages sont loin d’être rares. Selon les chiffres communiqués par la SNCF, 1 400 heurts avec des sangliers ont été enregistrés en 2025, soit une augmentation de 27 % par rapport à l’année précédente. Ces accidents concernent principalement les lignes classiques et régionales, moins systématiquement protégées par des clôtures que les lignes à grande vitesse.

Cette double mésaventure a même trouvé sa place à l’ouverture du journal télévisé de TF1, donnant une dimension nationale aux déboires des voyageurs rennais. Une chose est sûre : pour ces 400 passagers, le trajet du dimanche soir restera longtemps gravé dans les mémoires.  À voir : Le reportage de TF1 consacré aux passagers bloqués pendant neuf heures

 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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