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vendredi 23 octobre 2026
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Le sanglier des Gayeulles devenu copain comme cochon avec les habitants !

Il se promène le matin, revient parfois le soir, traverse les rues et semble apprécier les glands tombés des chênes. Depuis deux semaines, un sanglier, affectueusement surnommé « Isidore » par les habitants, fait parler de lui dans le quartier des Gayeulles, à Rennes. Entre curiosité, amusement et inquiétude, cet imposant visiteur à quatre pattes ne laisse personne indifférent. Il a même réussi un petit exploit : donner à une fillette l’envie de sortir de chez elle !

Avec son chien, la petite fille accompagne désormais sa mère ou son père pour tenter d’apercevoir le sanglier, lors de ses promenades matinales ou nocturnes. « La fillette ne voulait jamais sortir », raconte une voisine, amusée. « Depuis deux semaines, elle est toujours dehors ! »  Devenu une attraction de quartier, l’animal est presque une célébrité locale. Au square de Tanouarn, près des Gayeulles, chacun guette son passage pour apercevoir sa museau.

Ce matin encore, vers 7 h 10, Isidore a été aperçu au milieu du bâtiment B. Il faut dire que le secteur a de quoi séduire ce visiteur inattendu. « Le sol est jonché de glands. Isidore doit en raffoler. Cela doit être véritable garde-manger.» Martin, lui aussi, a croisé la route de l’animal.  «Le sanglier ne semble pas particulièrement impressionné par la circulation. Je l’ai vu traverser sur le passage piéton, à hauteur de la Bellangerais », raconte-t-il. Une autre fois, il l’a aperçu non loin du centre hospitalier de Saint-Laurent. « Il est costaud, il s’approche à cinq mètres. On espère qu’il ne va rien arriver», précise Anne. 

Car derrière la sympathie que suscite Isidore, une question demeure : combien de temps cette cohabitation pourra-t-elle durer sans incident ? Un sanglier reste un animal sauvage, puissant, capable de réactions imprévisibles lorsqu’il se sent menacé, surpris ou acculé. La présence de chiens, même particulièrement gentils, peut notamment provoquer une réaction défensive. Le cas d’Isidore n’est pas isolé. Le 9 octobre dernier, un sanglier avait déjà été signalé dans le jardin du Nançon, dans le quartier de Maurepas, comme l’avait rapporté Ouest-France.

En tout cas, ces apparitions illustrent un phénomène qui prend de l’ampleur dans de nombreuses villes françaises. Dans les espaces urbains, les sangliers mangent des glands, des châtaignes, des racines et des bulbes. Ils peuvent aussi profiter des déchets alimentaires. Ensuite, les espaces verts, les bois et les friches leur offrent des refuges, parfois à proximité immédiate des habitations.  « Finalement, les sangliers ont des abris et de la nourriture en abondance», indiquait Jean-Noël Ballot, vice-président de Bretagne Vivante sur Hit West, en contobre 2024.  

Mais pourquoi Isidore se promène-t-il tout seul ? Contrairement à une idée répandue, un sanglier solitaire n’est pas nécessairement un animal perdu ou abandonné. Les femelles vivent généralement en groupes familiaux, appelés compagnies, avec leurs petits. Les mâles, en revanche, quittent progressivement ces groupes et peuvent mener une existence solitaire à partir d’environ 21 mois. Selon l’Office français de la biodiversité, un mâle peut parcourir un territoire particulièrement étendu, parfois de 1 000 à 2 000 hectares. Si Isidore est bien un mâle adulte, son comportement n’aurait donc rien d’anormal.

La présence croissante des sangliers ne date pas d’hier. En Ille-et-Vilaine, les autorités organisent depuis plusieurs années des opérations de régulation pour limiter les dégâts agricoles et les collisions routières. Le 16 mars 2025, une battue exceptionnelle avait notamment nécessité la fermeture de la route Rennes-Saint-Malo, entre La Mézière et Tinténiac. Mobilisant 220 chasseurs et huit lieutenants de louveterie, elle avait permis de prélever 54 sangliers sur environ 90 observés. En mars 2026, le journal Paysan Breton indiquait que près de 23 650 sangliers avaient été prélevés en Bretagne durant la saison 2024-2025, un chiffre qui témoigne de l’importance des populations régionales.

 

Alors, que faire d’Isidore ? Pour le moment, il fait surtout sourire les habitants des Gayeulles. Certains le cherchent du regard en promenant leur chien, d’autres racontent leurs rencontres avec cet imposant voisin. Mais il ne faudrait pas que sa popularité fasse oublier sa nature sauvage. Mieux vaut ne pas le nourrir, ne pas chercher à l’approcher et garder les chiens en laisse à bonne distance. En cas de présence inquiétante, un signalement peut être effectué auprès des services municipaux. Si l’animal représente un danger immédiat, il convient d’alerter les services compétents.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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