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Le groupe rennais de France insoumise accuse le pouvoir de « répression et de manipulation »

Quatre jours après les violences qui ont secoué le centre-ville de Rennes, samedi 17 octobre 2026, La France insoumise monte au créneau. Dans un communiqué particulièrement offensif envoyé à notre rédaction, le groupe GIEC 17 octobre dénonce la stratégie de maintien de l’ordre, accuse le gouvernement de vouloir discréditer le mouvement social et réclame des réponses politiques à la crise. Il demande une indemnisation publique des commerçants victimes des dégradations.

Le samedi 17 octobre restera comme une journée particulièrement mouvementée à Rennes. Après une manifestation contre la vie chère, qui avait rassemblé 12 000 personnes selon la préfecture, le centre-ville avait été le théâtre de violents affrontements entre des groupes d’individus et les forces de l’ordre. Des vitrines avaient été fracassées, plusieurs commerces pillés et des barricades incendiées (voir nos différents articles). La place de la République et les rues environnantes avaient notamment subi d’importantes dégradations. Les secours avaient recensé 36 incendies et 32 victimes prises en charge au cours de cette journée.

Mais pour La France insoumise, l’analyse de ces événements ne saurait se limiter aux violences urbaines. Dans un communiqué intitulé « Rennes : face à l’urgence sociale, le pouvoir choisit la répression et la manipulation », le groupe GIEC 17 octobre défend une tout autre lecture de la situation. Il évoque « plus de 30 000 personnes » ayant défilé dans « un cortège pacifique, massif et déterminé », un chiffre sensiblement supérieur à celui communiqué par les autorités.

« Une doctrine de maintien de l’ordre axée sur la confrontation »

Dans ce communiqué,  la préfecture et les forces de l’ordre sont mises en cause. « Face à la légitimité des revendications populaires, elles ont une nouvelle fois fait preuve d’une impréparation dramatique et d’une doctrine de maintien de l’ordre axée sur la confrontation », affirment-ils. Ils dénoncent notamment des « gazages aveugles, nasses, usages inadaptés du canon à eau », assurant que ce dernier aurait déversé « 65 000 litres d’eau en pleine crise de sécheresse ». 

Pour le groupe GIEC, les pratiques policières dénoncées « s’inscrivent dans un mois de violences policières intolérables à l’encontre des lycéens ». En revanche, sur les destructions qui ont frappé le centre-ville, le groupedéveloppe une argumentation politique. « Les dégradations commises en marge des manifestations sont la conséquence d’un pouvoir sourd aux revendications des lycéens, étudiants et travailleurs », écrivent ses auteurs. Selon eux, « ces heurts comme le caractère massif de la mobilisation tiennent leur origine dans l’exaspération du peuple face à l’échec du macronisme depuis 10 ans ».

Pour les signataires, la réponse sécuritaire ne peut constituer une solution durable. « Prétendre apaiser une situation sociale par des réponses exclusivement sécuritaires : couvre-feux, interdictions de manifester, violences policières, sont absolument inefficaces et irresponsables car elles entretiennent un cycle d’intensification de la violence sans apporter aucune solution d’apaisement politique. » Au-delà de la critique des opérations de maintien de l’ordre, le groupe entend replacer les revendications sociales au centre du débat. « Le temps est donc venu à présent d’apporter une réponse politique à la situation, de répondre aux revendications », insiste-t-il.

Les demandes sont nombreuses : « Le blocage des prix, la hausse générale des salaires, l’abrogation de Parcoursup, un plan d’investissement massif dans les lycées et l’Enseignement supérieur et la Recherche, ainsi que l’indemnisation publique des commerçants touchés par les dégradations samedi dernier. » Le communiqué revient enfin sur des révélations attribuées à Mediapart concernant le rôle des renseignements territoriaux. « Les révélations majeures de Mediapart viennent de prouver la dérive à l’œuvre : le pouvoir politique a explicitement demandé aux Renseignements territoriaux une mise en cause de La France insoumise, tout en sachant pertinemment que ces accusations étaient fausses », affirme le groupe.

Au passage, les Insoumis dénoncent « une tentative d’incrimination politique visant à masquer l’échec du gouvernement » et y voient « une atteinte grave aux principes démocratiques ». Face aux critiques visant le mouvement et à la question des violences, La France insoumise tient à réaffirmer sa ligne politique. Elle assure soutenir « une voie strictement pacifique et institutionnelle : la rupture avec le macronisme et la victoire face à l’extrême droite par les urnes. Tout en réaffirmant notre soutien indéfectible aux personnes mobilisées dans la rue depuis plusieurs semaines, nous serons de toutes les mobilisations avec elles et eux dans la rue, et nous porterons sans faille leurs revendications dans les institutions, et au pouvoir l’année prochaine. » Quatre jours après les violences du 17 octobre, les interprétations de cette journée restent donc profondément opposées. 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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