Sur la façade de l’Opéra de Rennes, elle ne passait pas inaperçue. Depuis les manifestations du 17 octobre, une immense banderole portant l’inscription « Bismillah, c’est les ténèbres » dominait la place de la Mairie. Ce mardi 20 octobre 2026, elle a finalement été retirée. Mais l’opération s’est révélée un peu plus compliquée que prévu. Il a fallu s’y reprendre à deux fois pour venir à bout de cette installation.
Dans un premier temps, les agents chargés de l’intervention ont tenté d’accéder à la banderole à l’aide d’une nacelle. Problème : elle était bien trop petite pour atteindre l’installation, accrochée tout en haut de la façade de l’édifice. Il a donc fallu trouver une autre solution. Les intervenants sont finalement passés par une trappe située sur le toit de l’Opéra pour décrocher la toile. Une manière, au sens propre comme au figuré, de mettre à la trappe cette banderole contestataire !
Ce calicot révolutionnaire avait attiré les regards par son message pour le moins énigmatique. Le mot « Bismillah », expression arabe signifiant « Au nom de Dieu », comportait un A cerclé, symbole traditionnel du mouvement anarchiste. À cette référence religieuse et politique s’ajoutait la formule « c’est les ténèbres ». Provocation, message politique ou simple détournement des symboles ? Difficile de connaître les intentions exactes des auteurs.
Dans le contexte des manifestations du 17 octobre, marquées à Rennes par des violences urbaines, des incendies et des dégradations, cette inscription avait toutefois une résonance particulière. Après plusieurs jours passés au-dessus de la place de la Mairie, la banderole a donc disparu du paysage rennais. L’Opéra a retrouvé sa façade, non sans avoir donné un peu de fil à retordre aux agents chargés de l’opération.



