Ça tousse à l’école, rue de Saint-Malo. À quelques pas de la place Sainte-Anne, les parents d’élèves demandent à la préfète de modérer l’emploi de la force, lors des manifestations.
L’école Saint-Malo est aux abords immédiats de la place Sainte-Anne. Depuis le début des manifestations et des émeutes qui en découlent, les parents d’élèves subissent la sécurisation du quartier par les forces de l’ordre et l’utilisation de gaz lacrymogènes. Ces jours-là, « la sortie de l’école s’est transformée en une véritable scène de chaos. Des parents ont dû fuir avec leurs enfants pour se mettre à l’abri, parfois avec un bébé dans les bras », dénoncent les parents d’élèves élus dans un courrier adressé à la préfecture et à la Ville. « Des parents se sont même vus refuser l’accès à l’école, alors qu’ils venaient chercher leurs enfants. Certains ont été mis à l’écart pour être interrogés par la police », ajoutent-ils.
Dans ce contexte, il faut aussi nuancer : c’est justement parce que plusieurs écoles sont à proximité des feux sauvages et des jets de projectiles que la police est extrêmement vigilante sur qui s’en approche et y accède. Et c’est aussi pour répondre aux incendies allumés aux abords d’établissements scolaires que l’emploi de gaz ou de la force est fait.
« Les enfants ne sont pas
de simples spectateurs de ces événements »
Les parents d’élèves considèrent cependant comme inacceptable « que des enfants soient directement exposés aux gaz, contraints de fuir ou de rester confinés, qu’ils soient exposés à des scènes de violence et de panique et que la présence autour de la place Sainte-Anne de trois structures accueillant de jeunes enfants (une crèche, une école maternelle et une école élémentaire) ne soit pas pleinement prise en compte dans la gestion des opérations de maintien de l’ordre. »
Peut-être pas conscients que ce ne sont pas les CRS qui choisissent l’heure des débordements ou des feux de joie, les parents demandent également que « des mesures concrètes et pérennes soient mises en œuvre afin que les enfants, les personnels et les familles puissent accéder aux établissements et en repartir en toute sécurité, sans être exposés aux gaz lacrymogènes ni confrontés à des scènes de violence. »
La préfète répond
Après lecture de ces doléances, la préfète Emmanuelle Dubée confie « déplorer fortement les violences urbaines et dégradations régulièrement commises place Sainte-Anne ». Consciente de la liberté de manifester, elle précise que ces moments populaires ne doivent « en aucun cas justifier les attaques violentes contre les forces de l’ordre, les dégradations de commerces ou de mobilier urbain, ni les départs d’incendie ».
Concernant le secteur concerné par ces écoles, elle insiste : « Pour prévenir ces débordements, les forces de sécurité intérieure maintiennent les rassemblements et cortèges revendicatifs hors du centre historique, dont le quartier Sainte-Anne fait partie.
Toutefois, les attroupements constitués par les mouvements contestataires rennais place Sainte-Anne se traduisent régulièrement par des troubles à l’ordre public graves. C’est en particulier le cas des feux de poubelles allumés au-dessus des bouches d’aération du métro, qui font courir un risque majeur de propagation et de dégagement de fumées toxiques nécessitant l’intervention immédiate des sapeurs-pompiers. »
C’est, selon la préfecture, avec « un grand professionnalisme » que les forces de l’ordre interviennent dans ce contexte « très dégradé ». Concernant l’utilisation de gaz ou la mise en place de contrôles sur la place, et donc aux abords des écoles, elle affirme que « les moyens mis en œuvre pour le maintien de l’ordre sont strictement nécessaires et proportionnés ».
Elle rappelle au passage que la tranquillité du quartier est avant tout troublée par les « agissements violents » de certains individus en tête de cortège.


