La justice connaît cet agriculteur de Luitré-Dompierre. Voilà des années qu’il maltraite ses bêtes malgré l’interdiction d’exercer. En juin 2025, on a même retrouvé un bovin en état de décomposition sur son exploitation.
Il a pourtant déjà été condamné en décembre 2024 pour des faits similaires. On lui avait alors interdit définitivement de détenir un élevage bovin. Surtout que son exploitation, reprise à sa mère à Luitré-Dompierre (Fougères) en 2019, était liquidée depuis 2021.
Mais cela n’empêche pas l’homme de 45 ans de continuer à acheter des bêtes. En juin 2025, lors d’un contrôle sanitaire, les agents de la préfecture constatent le pire. Sur place, une génisse de 18 mois est enfermée dans un box pouvant accueillir un veau de 9 mois maximum. Une autre, dans un état de maigreur extrême, ne parvient même plus à se lever. À quelques pas de là, les inspecteurs découvrent les restes d’un bovin en état de décomposition. Ils sont abandonnés à côté d’un vieux pneu.
Sans nourriture et sans eau
Les agents préfectoraux constatent qu’aucun système ne permet aux bovins de s’abreuver. L’agriculteur explique qu’il va au puits, ce qui lui semble suffisant. Concernant l’alimentation, aucune facture d’achat de nourriture n’est retrouvée. À propos des restes du cadavre (une mâchoire et des restes de cuir sont découverts), le quadragénaire affirme que c’est un oubli des équarrisseurs appelés plus tôt pour évacuer une bête morte. Sauf que la dépouille ne correspond pas à celle effectivement enlevée.
Dans le collimateur depuis des années
Outre les faits de maltraitance, la justice connaît bien le gaillard. Entre 2014 et 2018, il avait déjà été condamné pour avoir déversé des produits et pollué des nappes phréatiques.
« Le prévenu agit en connaissance de cause. Lors de ses auditions, il sait précisément expliquer ce dont a besoin un bovin pour vivre. Et il sait ce qu’il leur donne… ou ne leur donne pas », plaide l’avocate de la Fondation Brigitte Bardot, constituée partie civile.
Le procureur qualifie alors ces faits de « rarissimes », au vu du nombre de procès et de convocations. Comme souvent, l’éleveur ne s’est pas présenté à la Cité judiciaire. « Nous en avons assez qu’il se fasse passer pour la victime innocente de la part de fonctionnaires sadiques », lance le ministère public avant de requérir 18 mois de prison avec mandat d’arrêt. Seule façon selon lui de mettre fin à ses agissements cruels.
Après en avoir délibéré, le tribunal s’est montré moins sévère et a prononcé une peine de 6 mois de prison avec sursis. Il lui sera signifié l’interdiction de posséder tout type d’animal de façon définitive.
À lire aussi : Des mineurs volaient des voitures, des motos et un jet-ski


