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mercredi 19 août 2026
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Sécheresse : au Thabor, on arrose quand même

À 8 h 30, ce mercredi 19 août, le parc du Thabor est encore presque désert. Partout, la sécheresse se voit. Les pelouses sont jaunes, l’herbe est grillée. Pour elles, inutile de gaspiller de l’eau : les premières pluies leur redonneront des couleurs. Pour les fleurs, arbustes et plantes du Thabor, c’est une autre histoire. Certaines supportent évidemment beaucoup moins bien le manque d’eau.

Ce matin, pas un promeneur à l’horizon. Un joggeur profite des allées pour lui tout seul, tandis que quelques jardiniers municipaux sont déjà à pied d’œuvre pour arroser les fleurs et les plantes, près de la roseraie. « Sous un arbre, peu visible depuis les allées, un dispositif d’arrosage fonctionnait bel et bien ce mercredi matin », raconte le coureur.

Seul hic : depuis le 15 août, l’ensemble de l’Ille-et-Vilaine est placé en situation de « crise sécheresse ». Au point que la préfète a rédigé de sa belle plume un arrêté particulièrement restrictif. Celui-ci impose de sévères limitations à l’arrosage des « pelouses, espaces verts, massifs floraux ou arbustifs ». Selon la ressource en eau utilisée, celui-ci est interdit ou ne peut notamment avoir lieu entre 8 h et 20 h.

À 8 h 30, la scène du Thabor interpelle pour le moins le coureur. « La municipalité fait fi de l’interdiction, alors que pour les particuliers, c’est interdit », peste le Rennais.  Pour autant, la Ville a-t-elle le droit d’arroser ? Le Thabor bénéficie-t-il d’une dérogation, notamment au titre des dispositions concernant certains espaces verts participant à la diminution des effets des îlots de chaleur ? Ce n’est pas impossible.

Mais il n’existe dans l’arrêté aucune autorisation générale permettant aux villes d’arroser leurs parcs à leur guise. Et il y a la question du calendrier. L’arrêté a été signé le 14 août et ses dispositions ont pris effet dès le lendemain de sa publication. Nous sommes le 19 août. En quelques jours, la municipalité aurait donc dû solliciter et obtenir une dérogation spécifique pour pouvoir s’affranchir des restrictions applicables.

Mais il reste aussi cette petite phrase d’un jardinier : « Chut, il ne faut pas le dire. » Si une dérogation avait été obtenue et l’arrosage organisé dans ce cadre, la remarque de l’agent municipal ne manquerait pas d’étonner. Reste toutefois une vraie question de fond. Personne ne souhaite voir dépérir les collections végétales du Thabor. Une pelouse jaunie retrouvera sa verdure. Une plante rare ou fragile qui meurt ne repoussera pas nécessairement avec les premières pluies. La Ville doit-elle protéger l’un des plus beaux jardins rennais au mépris de préserver une eau devenue particulièrement précieuse ?

À l’heure où la Ville assure participer « activement à la réduction de sa consommation d’eau », la scène du Thabor n’en est que plus surprenante. Reste à connaître l’explication municipale et à savoir si une dérogation a effectivement été obtenue en temps et en heure. En attendant cette hypothétique explication, un fait demeure : ce mercredi 19 août, après 8 heures, on arrosait bien au Thabor. De quoi susciter quelques réactions pour le moins corrosives. « La mairie devrait pourtant montrer l’exemple », ironise Pascal Branchu, président de l’association Nature en ville.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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