Il y a parfois des coïncidences que même les meilleurs scénaristes n’oseraient imaginer. Ce samedi 20 juin, à Rennes, alors que plusieurs milliers de personnes défilaient dans les rues pour la Marche des fiertés version 2026, la Vilaine, elle aussi, semblait avoir décidé de faire son coming out. Le fleuve de la capitale bretonne sortait de l’ombre sous les vivats !
Depuis quelques jours, la démolition de l’ancien parking Vilaine a ouvert de nouveaux horizons sur le fleuve. Là où régnaient le béton et les voitures, l’eau a retrouvé sa place. Ce week-end, comme un clin d’œil du calendrier, les premiers bateaux de plaisance ont profité de cette réapparition au moment même où le cortège arc-en-ciel longeait les quais fraîchement redécouverts.
Pour les Rennais et Rennais présents sur le parcours du défilé, le spectacle valait évidemment le détour. D’un côté, il y avait une foule joyeuse, colorée et festive revendiquant le droit d’être soi-même. De l’autre, il y avait des plaisanciers heureux de pouvoir enfin traverser Rennes par voie d’eau. Entre les deux, quelques coups de corne de brume échangés comme des saluts fraternels.
Profitant d’une brise légère, les passagers des bateaux agitaient les bras. Les participants de la Pride répondaient par des chants et autres slogans. Certains Rennais ont même eu l’impression d’assister à une parade nautique improvisée. Il ne manquait guère qu’une boule à facettes sur la passerelle du capitaine. Même si, convenons-en, les pavois étaient du plus bel effet !
La scène avait assurément quelque chose de symbolique. La Vilaine se dévoile enfin après des décennies passées sous une dalle de béton. La Marche des fiertés rappelle qu’il est toujours préférable de vivre à visage découvert. Au fond, tout le monde célébrait la même idée : davantage d’espace, davantage de liberté et un centre-ville un peu plus ouvert où les les piétons peuvent de nouveau longer les quais Duguay-Trouin et Lamartine. Comme quoi, à Rennes, lorsque la Vilaine se découvre, la fête commence.



