Après les violences et dégradations qui ont émaillé la soirée de samedi à Rennes, en marge des célébrations de la victoire du PSG en Ligue des champions, la justice commence à se saisir du dossier. Une première personne interpellée a déjà fait l’objet d’une réponse pénale. « Il y a eu une interpellation à Rennes, pour des dégradations, qui a donné lieu à une convocation en composition pénale », indique le procureur de la République de Rennes, Frédéric Teillet, contacté par Rennes Infos Autrement.
Concrètement, la composition pénale est une mesure alternative aux poursuites judiciaires classiques. Proposée par le procureur pour certaines infractions reconnues par leur auteur, elle permet d’éviter un procès correctionnel en échange d’une sanction acceptée par la personne mise en cause. Celle-ci peut prendre différentes formes : une amende, un stage de citoyenneté, des travaux non rémunérés, une indemnisation des victimes ou encore une obligation de réparation. Une fois validée par un magistrat, la mesure éteint les poursuites, tout en pouvant figurer au casier judiciaire.
Pour le reste, les investigations se poursuivent. « Des enquêtes sont en cours », confirme Frédéric Teillet. Peu après le coup de sifflet final de la Ligue des champions, plusieurs centaines de personnes se sont regroupées place Sainte-Anne. « Très vite, les policiers et les gendarmes mobiles présents ont été pris à partie », indique la préfecture d’Ille-et-Vilaine. Au fil de la soirée, ces forces de l’ordre ont essuyé des jets de projectiles tandis que des feux de poubelles étaient allumés dans différents secteurs du centre-ville. Du mobilier urbain a également été dégradé. Surtout, plusieurs commerces ont été ciblés. Le bilan préfectoral fait état de six magasins dont les devantures ont été attaquées et ayant subi des tentatives de vol. Trois établissements ont effectivement été pillés.
« Conformément aux ordres du ministre de l’Intérieur, mis en œuvre localement par le préfet, les policiers et les gendarmes sont intervenus immédiatement, à chaque tentative, pour mettre fin à ces débordements, protéger les biens puis disperser ces voyous hors du centre-ville », souligne la préfecture. Pour le préfet de Bretagne et d’Ille-et-Vilaine, Franck Robine, l’intervention rapide des forces de l’ordre a permis d’éviter un bilan plus lourd. « Sans l’action des policiers et des gendarmes mobiles, ces débordements auraient eu des conséquences plus lourdes encore », affirme-t-il.
Les incidents observés à Rennes s’inscrivent dans un contexte national plus large. Si la victoire historique du PSG a donné lieu à de nombreuses scènes de liesse dans tout le pays, plusieurs grandes villes ont également connu des débordements. « La situation a été globalement sous contrôle », a estimé dimanche le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, tout en dressant un bilan conséquent de la nuit. À l’échelle nationale, 780 personnes ont été interpellées, dont 480 sur le périmètre de la préfecture de police de Paris. Ces arrestations ont conduit à 457 gardes à vue. Selon le ministre, ce chiffre est supérieur à celui constaté lors de la précédente victoire du PSG en Ligue des champions, avec une hausse d’environ 32 % des interpellations.
Le bilan humain est également lourd. Au total, 219 participants aux festivités ont été blessés, dont huit grièvement. À Paris, un adolescent de 17 ans a notamment été grièvement blessé à l’arme blanche, son pronostic vital étant engagé. Cinquante-sept policiers et gendarmes ont également été blessés, sans gravité extrême selon le ministère, malgré des blessures parfois « impressionnantes ». La nuit a aussi été marquée par un drame porte Maillot, à Paris, où un jeune homme né en 2002 est décédé après avoir percuté avec une moto de cross des blocs de béton installés sur une bretelle de sortie du périphérique. À Rennes, les enquêteurs poursuivent désormais leurs investigations, notamment à partir des images de vidéoprotection et des constatations effectuées sur place, afin d’identifier les auteurs des violences, dégradations et pillages qui ont touché le centre-ville.


