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samedi 16 mai 2026
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Il y a 100 ans : quand les Cosaques russes attiraient 10.000 spectateurs au Parc des Sports

L’époque n’est plus pro-russe ! Mais il y a cent ans, les cosaques étaient les bienvenus dans notre belle cité. En ces 23 et 24 mai 1926, Rennes vivait un événement aussi spectaculaire qu’inattendu. Pendant le week-end de Pentecôte, les célèbres Cosaques Djiguites, cavaliers-acrobates, faisaient étape au Parc des Sports de la route de Lorient, invités par le Stade Rennais Université Club sous le patronage du journal Ouest-Éclair, ancêtre d’Ouest-France. Un siècle plus tard, les archives d’Ouest-Eclair racontent un véritable phénomène populaire, capable de rassembler jusqu’à 10.000 spectateurs.

Un semaine avant le spectacle, le ton est donné. Ouest-Éclair prépare ses lecteurs à un rendez-vous hors du commun dans ses colonnes. Il invite à découvrir une troupe qui a déjà « fait courir les foules dans le monde entier : en Bulgarie, en Grèce, en Turquie, en Angleterre, et enfin… en France, à Paris, à Toulouse, à Bordeaux, et hier encore à Nantes où ils soulevèrent l’enthousiasme ». Pour Rennes, l’étape apparaît comme un privilège.  « Leur acrobatie tient du prodige, et leurs petits chevaux galopent éperdument », écrit le journal. Les Djiguites bondissent « de la croupe sur le garrot du cheval », s’élèvent « en équilibre sur les mains », glissent sous le ventre de l’animal lancé au galop avant de réapparaître de l’autre côté. 

Le succès dépasse toutes les attentes. Le 24 mai 1926, au lendemain de la première représentation, Ouest-Éclair raconte un spectacle triomphal devant une foule immense. « Jamais peut-être le Parc des Sports de la route de Lorient n’avait été garni d’une foule aussi dense », note le quotidien. Les tribunes sont pleines à craquer, les gradins bondés, tandis qu’une triple haie de spectateurs entourait le terrain. Même à l’extérieur du stade, des Rennais cherchent à apercevoir quelque chose du spectacle. Dans les champs voisins, sur les bords du canal, et jusque dans les arbres, des curieux tentent leur chance.

Selon les estimations de l’époque, entre huit et dix mille personnes assistent aux évolutions des cavaliers. Ouest-Éclair parle d’un moment « indescriptible ». Les spectateurs « criaient, applaudissaient, trépignaient », tandis qu’à la fin du spectacle « une pluie de fleurs s’abattit sur eux et leurs montures ». Le journal décrit même les femmes arrachant les fleurs de leurs corsages « pour en couvrir les valeureux cavaliers ». Au-delà du folklore, Ouest-Éclair insiste sur la dimension sportive de l’événement. « Ce spectacle n’est pas un spectacle quelconque, un spectacle banal ; il constitue vraiment une manifestation sportive », écrit le quotidien. Au passage, les journalistes admirent « l’agilité, la souplesse et la force tout simplement prodigieuses » de ces hommes aux « muscles d’acier », capables de rester debout sur des chevaux lancés au grand galop.

Le lendemain, pour la dernière représentation, le journal relance l’appel.  «On ne peut raconter une exhibition des Cosaques Djiguites. Il faut les voir à l’œuvre.» Ouest-Éclair recommande aux lecteurs de prendre leurs billets à l’avance au Café de l’Europe, afin d’éviter « une longue attente devant les guichets encombrés.» Les tarifs sont affichés : 8 francs en tribune, 4 francs en gradins, 3 francs pour les militaires et scolaires en groupe. L’organisation est déjà impressionnante pour l’époque. Des haut-parleurs installés par Ouest-Éclair permettent aux spectateurs «d’entendre parfaitement de tous les coins du Stade les chansons chantées par les Cosaques et la musique. » La Nouba du 41e régiment et la Lyre Rennaise accompagnent l’après-midi, tandis qu’un service spécial de tramways électriques relie la place de la Mairie au stade.

Quant au programme, il a tout du grand spectacle : sauts d’un côté et des deux côtés du cheval, exercices à la lance, saltos mortels, trapèze au galop, scènes de guerre cosaques, exercices au sabre, pyramides humaines, jusqu’au final spectaculaire intitulé « Dans la fournaise. » Cent ans plus tard, ces archives racontent une autre époque, où Rennes savait déjà vibrer pour des spectacles populaires d’envergure. Bien avant les grands matchs au Roazhon Park, les foules rennaises se pressaient déjà route de Lorient pour découvrir un événement venu du bout du monde. Les Cosaques Djiguites, issus de la tradition équestre du Caucase et du monde cosaque de l’ancien Empire russe, sillonnaient alors l’Europe. Nombre d’entre eux étaient des exilés de la révolution russe, reconvertis dans de spectaculaires tournées mêlant acrobaties, discipline militaire et folklore cavalier.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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