Le conseil d’administration du Frac Bretagne a prononcé, le 4 mai 2026, la révocation de son directeur, Étienne Bernard, mettant un terme définitif à son mandat. L’annonce a été faite ce mardi 6 mai par Madeleine Louarn, présidente de l’institution culturelle, dans un communiqué adressé aux rédactions. Cette décision intervient plusieurs mois après la diffusion, à l’automne dernier, d’accusations visant le directeur sur le compte Instagram #MeTooArtContemporain, ainsi que par des inscriptions apparues sur les façades de l’établissement rennais.
Face à la gravité des faits évoqués, la gouvernance du Frac Bretagne avait mandaté le groupe Égaé, spécialisé dans la prévention des violences sexistes et sexuelles. Deux missions avaient alors été engagées : l’ouverture d’un dispositif confidentiel de recueil de témoignages et la réalisation d’un diagnostic interne auprès des équipes de l’établissement. Selon le communiqué, le rapport remis par le groupe Égaé le 4 février 2026, complété par un rapport disciplinaire daté du 3 avril, a mis en évidence « une liste de faits graves » attribués à Étienne Bernard à travers plusieurs témoignages concordants.
Après une procédure contradictoire au cours de laquelle le directeur a pu présenter ses observations, le conseil d’administration a estimé à l’unanimité que « la nature, le nombre et la gravité des agissements rapportés » rendaient impossible son maintien à la direction du Frac Bretagne. La présidente de l’établissement a également signalé ces faits au procureur de la République de Rennes, conformément à l’article 40 du Code de procédure pénale, en raison de possibles infractions pénales.
Dans son communiqué, le Frac Bretagne affirme vouloir défendre «les valeurs de bienveillance, de respect, d’épanouissement et d’émancipation » attachées au service public de la culture. Le ministère de la Culture, via la DRAC Bretagne, la Région Bretagne et la Ville de Rennes ont également exprimé leur soutien aux victimes et leur volonté de lutter contre toutes les formes de violence.
En novembre 2025, le directeur du Frac Bretagne, qui s’est depuis mis en retrait de sa fonction, avait déjà été visé par des tags inscrits sur la façade de l’établissement. D’après nos informations, son affaire avait été rendue publique après la publication d’un témoignage anonyme sur le compte Instagram #MeTooArtContemporain. Celui-ci évoquait des faits présentés comme une agression sexuelle remontant à 2008 et attribués au directeur d’un Fonds régional d’art contemporain. À ce stade, aucune condamnation pénale n’a en tout cas été prononcée à l’encontre d’Étienne Bernard, qui bénéficie de la présomption d’innocence. L’intérim de la direction du Frac Bretagne est actuellement assuré par la secrétaire générale de l’établissement, Cécile Leroux.


