La transformation du quartier du Colombier se poursuit à Rennes, mais elle reste contestée par certains usagers. Dans un arrêt rendu le 30 avril 2026, la Cour administrative d’appel de Nantes a retoqué le recours de la société Ouest-Discothèques, propriétaire du Live Club (ancien 88). Elle a, par cette décision, validé le projet Eurorennes, qui concerne notamment la dalle du Colombier.
Installée sur cette place emblématique du centre-ville, l’entreprise rejetait l’arrêté préfectoral de 2022 déclarant le projet d’utilité publique de la métropole. Elle estimait que le projet manquait de clarté, en particulier sur l’avenir du secteur Colombier Est. Les juges n’ont pas retenu ces raisons. Argument avancé, l’enquête publique a permis aux Rennais de comprendre l’essentiel : l’objectif du projet, sa localisation et ses grandes caractéristiques. Car même si tous les détails n’étaient pas précisés pour chaque zone, cela ne remettrait pas en cause la validité de la procédure, selon la cour.
Sur le fond, le projet Eurorennes répond en tout point à un but d’intérêt général. Il a pour ambition de construire des logements, développer l’activité économique et limiter l’étalement urbain. Dans ce programme, la dalle du Colombier est jugée centrale. Une grande partie des commerces y est prévue, ainsi qu’une part des bureaux et des appartements. Pour la cour, intégrer ce secteur au projet est donc cohérent. Au passage, la cour estime qu’il n’est pas possible de réaliser une opération de cette ampleur sans recourir à certaines acquisitions, voire à des expropriations.
Conséquence : la requête est rejetée. La société Ouest-Discothèques devra verser 1 500 euros à Rennes Métropole et à la SPLA Territoires Publics. Sur le terrain, la décision ne met pas fin au débat. « Ce dossier n’a pas de sens dès lors que la collectivité n’a pas de projet concret. Pourquoi alors sacrifier un établissement bien connu de la nuit rennaise et ses emplois ? », réagit un proche de cette affaire.


