Ce lundi 4 avril, au collège de la Binquenais, enseignants et parents d’élèves avaient prévu de passer la nuit dans l’établissement pour alerter sur leurs conditions de travail et d’accueil des élèves (voir notre récent article). Ils souhaitaient une mobilisation symbolique, pensée comme un signal d’urgence. Mais la soirée n’a pas pris la tournure espérée. Vers 19 h 30, à la demande du principal, agissant sous l’égide de la direction départementale de l’Éducation nationale, les grévistes ont été invités à quitter les lieux. À l’extérieur, une cinquantaine de personnes les attendaient, ainsi que la presse et Gaëlle Rougier, adjointe au maire chargée des affaires scolaires.
Sur place, le sentiment dominant était une forme de désillusion. « C’est de la déception plus que de la colère », confie une enseignante. « On espérait que la direction allait agir pour nos conditions de travail et pour nos élèves. » Depuis le début du mouvement, beaucoup du personnel éducatif ressentaient une vraie écoute de la part de leur hiérarchie. « Oui, cette compréhension existe. Moi, j’en reste convaincue. Le débat est ouvert entre nous depuis le début, sans faux-semblant et sans mensonge. » Mais la décision d’interdire l’occupation pourrait marquer un tournant. « Là, il y a de la déception parce qu’ils nous bloquent l’entrée dans l’établissement. Ce n’était pas comme ça que c’était prévu. »
Derrière cette mobilisation, les revendications sont concrètes. Les équipes dénoncent un manque de moyens humains pour faire face au quotidien : « On demande un deuxième CPE, des AESH supplémentaires, un surveillant en plus », mais aussi le renforcement de l’accompagnement social et médical. « Il faut rendre à temps plein les postes d’assistante sociale et d’infirmière. » Pour les personnels, il s’agit d’une demande immédiate dès la rentrée prochaine. « Aujourd’hui, on est dans l’urgence, dans nos conditions de travail et dans le suivi de nos élèves. On a besoin de ces moyens tout de suite. »
Devant les grilles de l’établissement, des familles étaient présentes, ce soir. « Il y a une bonne mobilisation des parents. C’est important de le signaler. Leur soutien renforce le message. » Malgré l’évacuation du collège, la colère ne semble pas s’éteindre. La déception exprimée ce soir pourrait bien nourrir la suite du mouvement. Demain soir, les manifestants ont prévu de renouveller une tentative de blocage.


