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mercredi 29 avril 2026
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contre les violences et les incivilités : une nuit d’occupation à la Binquenais

Dans le sud de Rennes, la situation du collège de la Binquenais suscite une inquiétude croissante. Dans un communiqué de presse envoyé à notre rédaction, parents d’élèves et personnels appellent à une mobilisation immédiate, lors d’une nuit de blocage au sein de l’établissement du 4 au 5 mai. À leurs yeux, les fondements mêmes de l’école, « apprendre à connaître, à faire, à vivre ensemble et à être », sont aujourd’hui fragilisés par des conditions scolaires devenues intenables.

Avec environ 650 élèves répartis dans 29 classes, dans des locaux jugés désormais inadaptés, la Binquienais rencontre bien des dysfonctionnements. « L’encadrement est insuffisant et les modalités d’apprentissage sont détériorées », alertent les signataires. « 744 incidents ont été signalés entre septembre et décembre 2025, avec jusqu’à 20 incidents en une seule journée et plus de 85 sanctions dont 54 exclusions temporaires. »

Au-delà des données, c’est un climat général qui inquiète tout le personnel. « Des élèves fragiles ne peuvent plus être accompagnés et les équipes éducatives sont épuisées. » Maria-Kiran Brient, parent déléguée engagée dans la mobilisation, confirme l’ampleur des difficultés. « C’est énorme. La surpopulation, le manque de personnel… ça génère encore plus de violences verbales ou physiques. » Elle décrit au passage un établissement « en difficulté permanente », où « les professeurs sont clairement au bout, au bout, au bout ».

Toujours selon elle, les absences non substituées aggravent encore la situation. « Beaucoup sont en arrêt maladie depuis plusieurs mois et ne sont pas remplacés. Cela crée des crises dans la crise. Le collège fonctionne à flux tendu, la moindre absence désorganise tout. » Mais au-delà, un événement récent a marqué un tournant. Le 4 mars dernier, un élève « en grande souffrance » est venu  dans son établissement avec un couteau. « Sans l’alerte de sa maman et le sang-froid des équipes, le drame était possible, rappelle le communiqué. « Le personnel a agi rapidement, mais a été extrêmement choqué, explique la représentante des parents. La surveillante qui a maîtrisé le collégien est encore traumatisée aujourd’hui. »

Nos enfants ne peuvent pas dépendre de la chance pour être en sécurité. »

Malgré des alertes répétées auprès de l’administration, les réponses sont jugées insuffisantes. « On a des courriers qui s’accumulent, mais il n’y a rien derrière », regrette Maria-Kiran Brient. « Et quand il y a des réponses, elles sont trop faibles au vu de la situation. On parle, on communique… mais rien ne change vraiment. » Pour les parents, la crise dépasserait même le seul établissement. « Ce n’est pas qu’un problème de la Binquenais. C’est une problématique de l’Éducation nationale dans son ensemble », estime Maria-Kiran Brient. Elle pointe d’ailleurs une pression démographique croissante. « La population augmente, mais pas les lieux d’accueil. L’école devrait apaiser les enfants en difficulté, mais aujourd’hui elle n’en a plus les moyens. »Tous les jours, mon fils me raconte des violences, verbales ou physiques. Il n’y a pas un matin sans incident. »

Face à cette situation, parents et personnels ont décidé de s’engager. Une occupation du collège est prévue les nuits des 4 et 5 mai. « On sera présents de 18 heures jusqu’au matin, et ça reprendra le soir suivant », explique Maria-Kiran Brient. La mobilisation se veut collective. « Les parents, les professeurs, les personnels… tout le monde est derrière cette action. » Une vingtaine d’enseignants devraient participer, ainsi que de nombreux papas et mamans. « Certains resteront dormir sur place, on s’organise par groupes. »

Pour les organisateurs, cette démarche est devenue indispensable. « On est obligés de faire ça pour que ça avance. Peut-être qu’un petit caillou va bouger », espère-t-elle. Le mot d’ordre est sans ambiguïté. « STOP. Nos enfants méritent mieux. L’école doit être un lieu sûr. » À la Binquenais, parents et enseignants entendent désormais transformer l’inquiétude en action avec plus de « plus de moyens humains, de meilleures conditions d’accueil et une réelle prise en compte de l’urgence. »

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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